LES
INVITES DU COSMOPIF
N°171
(lundi 12 novembre 2007)
Employé dans l'hôtellerie

Devant le
cockpit de Bourane à Moscou et devant la grande coupole de l'observatoire de
Meudon
Qui êtes-vous, Jean-Pierre
Tourondel ?
Je
suis né le 13 octobre 1949 à Paris. Je vis en région parisienne et
professe dans l’hôtellerie, en attendant la retraite qui me laissera enfin du
temps -je l’espère !- pour faire les voyages que je n’ai pu faire et me
"plonger" dans les piles de livres et documentations sur
l’astronautique que je n’ai pu encore "dévorés". Car telle est ma
passion et mon passe temps : l’astronautique et tout particulièrement
l’espace habité.
Depuis
tout petit, je suis passionné par tout ce qui touche aux maisons, aux
bâtiments. Après un CAP bâtiment, un BAC génie civil et une pause (service
militaire à Djibouti), je suis rentré dans une filiale de la régie Renault
comme dessinateur génie civil pour étudier des bâtiments pour l’industrie automobile
mais aussi pour d'autres secteur (ambassades, maternités, usine de
lyophilisation du café, hôtels, etc.). J'ai ensuite été responsable d’affaires,
commercial et gérant d’une petite entreprise (la mienne) de sciage du béton,
qui elle a connu la crise. Alors, comme il faut bien vivre, je sévis depuis
dans l’hôtellerie pour entretenir ma frêle personne (1,86 m/120 kg).
Ma
passion est née avec le Spoutnik (voir plus loin). Elle concerne tout ce qui a
trait aux astronautes, aux lanceurs, aux centres de lancements, etc. Je
collectionne tout ce qui ce rapporte à l’homme dans l’espace (livres,
documentations, autographes, objets divers…).
Pour
les voyages "spatiaux", je suis allé 4 fois en Russie, avec
2 séjours à Baïkonour (Kazakhstan), pour assister aux lancements de Soyouz
TM-17 (le 1er juillet 1993 avec Jean-Pierre
Haigneré, Vassili Tsibliev et Alexandre Serebrov) et de Soyouz TM-19 (le 1er juillet
1994 avec Talgat Moussabaïev et Iouri Malentchenko) , plus un voyage à
Kourou en 2002.
Comment j’ai "rencontré" Youri Gagarine. Dans le
quotidien que lisait mon père, un encadré a attiré mon attention : Youri
Gagarine serait présent au 26e Salon de l’Aéronautique et de
l’Espace du Bourget le lundi 14 juin 1965 au pavillon de l’URSS pour
signer des autographes .Avec mon meilleur copain du moment que j’ai débauché,
nous avons séché l’école ce jour et nous sommes parvenus à nos fins :
avoir un autographe du premier homme de l’espace ! J’ai pris aussi avec
mon appareil photographique -un 6X6 noir et blanc- quelques photos bizarres de
Gagarine parmi la foule de curieux (dommage que le numérique n’existât point à
cette époque…).

En juin
1965 à l'occasion du Salon du Bourget, Youri Gagarine effectue son deuxième
voyage en France
Photos
Jean-Pierre Tourondel

Au musée Joukovski de Moscou où j’ai eu l’occasion de me
trouver au bon moment en 2000, j’ai trinqué (vodka évidemment) avec Alexeï Leonov et
l’Académicien Beloserkovski, instructeur personnel de Youri Gagarine qui fêtait
ses 80 ans et m’a dédicacé son livre (il décéda le mois suivant). Nous eûmes
droit à des récits émouvants sur Gagarine, leur ami.
Sans
hésiter une seconde, je choisis les photos prises par le télescope spatial
Hubble qui, après des débuts difficiles, nous a fait découvrir une nouvelle
dimension de l’Univers dont nous faisons partie.

Je
retiens la navette spatiale pour sa complexité et deux dates : le
12 avril 1961 (premier vol habité) et le 12 avril 1981 (premier vol
de la navette). Quel progrès technologique en 20 ans ! Mais
26 ans ont passé et… c'est toujours la même technologie…

Heureux
hasard du calendrier, la navette spatiale Columbia effectue son baptême de
l'espace
20 ans
jour pour jour après le vol historique de Youri Gagarine
J'aimerais
pouvoir suivre et vivre le premier débarquement humain sur Mars, cela est
encore possible vu mon âge : Messieurs les politiques, décidez-vous une
fois pour toutes et rapidement pour donner le top et que les scientifiques
spatiaux nous concoctent ce "spectacle" !
Aujourd’hui,
460 astronautes de différents pays ont séjourné dans l’espace. Qui, à part
quelques passionnés de mon genre sont capables de tous les nommer ? Cela
n’intéressent plus personne, sauf les médias quand une catastrophe se profile.
Bientôt des touristes spatiaux, afin de faire du business (ce n’est pas encore
gagné !) ?
Mais
il n’y a qu’un premier : c’est Youri Gagarine, celui qui a donné le départ
et qui reste pour les cosmonautes russes le grand frère précurseur, qui décolla
le 12 avril 1961 pour effectuer la première révolution terrestre, installé
dans Vostok sur un "pétard" géant.
La
station Mir, c’était l’Avant-Projet Détaillé de l’ISS, le mérite encore une
fois d’être la pionnière. Certains modules de l’actuelle ISS sont issus de ceux
de Mir, c’est tout dire !
Premier satellite lancé à la hâte
par décision politique, Spoutnik a ouvert la voie à des "mécaniques"
sophistiquées qui n’étonnent plus Monsieur tout le monde, ces nouveaux
satellites faisant partie intégrante de notre vie quotidienne (météo, GPS,
télécoms, observation de la Terre, expériences scientifiques, etc.).
Qu’il est loin le soir du
5 octobre 1957 où j’ai découvert à la télévision les informations du soir
parlant du lancement de Spoutnik qui tournait autour de la Terre depuis la
veille ! Ce soir-là il s’agissait de Spoutnik et non de Spoutnik-1 car
nous ne savions pas à ce moment-là quelle serait la suite donnée à ce
lancement…
J’étais dans un hôtel de La
Bourboule à cet instant, juste avant la rentrée des classes. Je me souviens
d’avoir posé la question à ma famille "C’est quoi un Spoutnik ? A
quoi sert ce bruit "Bip-bip" ?") et revois mes parents bien
embêtés pour me répondre !
Ce "Bip-bip déclenchera en moi cette
passion pour l'espace qui depuis ne me quitte plus…
Merci, Jean-Pierre
Tourondel !
La semaine
prochaine (lundi 19 novembre 2007) : Julie Payette