L'invité de la semaine dernière : Francis Winisdoerffer

 

LES INVITES DU COSMOPIF

 

N°216 (lundi 15 décembre 2008)

 

Didier Bécet

Sculpteur peintre

http://blog.didier-becet.com

 

   

 

20e anniversaire de la mission Aragatz

(26 novembre-21 décembre 1988)

 

 

Qui êtes-vous, Didier Bécet ?

Je suis sculpteur peintre depuis 20 ans. Je suis né à Tours en 1962 et j'habite à Luynes (37), à la campagne. Ma femme est à mes cotés depuis 16 ans et nous avons 3 enfants, 2 garçons et 1 fille. Mes passe-temps : mon métier, mes enfants, un peu de moto et de cheval pour se libérer la tête.

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Tout petit à l'école... J'ai toujours crayonné les profs ou des vaisseaux spatiaux, des spationautes. J'ai passé un bac F1 mécanique, me demandant ce que j'allais en faire ! Je suis rentré au Beaux Arts à Orléans. Durant les dernières années, je me souviens avoir réalisé une combinaison spatiale et fabriqué un tas de maquettes à partir d'objets de récupération... Je faisais les poubelles la nuit et j'y ai trouvé des trucs formidables ! Je construisais mon monde, et baignais dans un univers de maquettes très rigoureux très froid, comme là haut, c'était la période Star Wars. D'ailleurs, je suis parti au Etats-Unis lors de ma dernière année aux Beaux Arts. Je suis allé frapper à la porte des studios Lucasfilm à San Francisco et c'est Lorne Peterson, le directeur du staff Model maker, qui m'a reçu ! En voyant toutes ces maquettes, tous ces dessins, j'étais fasciné : j'étais dans les étoiles !

Puis, j'ai été reçu à Los Angeles par un maquettiste du film The Right Stuff (L'étoffe des héros) -je n'arrive plus à me souvenir de son nom mais il avait un accent texan incroyable, un vrai Martien ! Il m'a offert le hublot d'une maquette de capsule du film qui avait visiblement posé quelques problèmes durant le tournage du fait de sa forme bombée…

 

 

John Glenn (Ed Harris) observe son départ pour l'espace à travers le hublot de sa cabine Mercury le 20 février 1962

 

 

Je suis aussi allé à New York et j'ai rencontré des artistes tel que l'artiste pop Red Grooms ; "ils" m'ont parlé !

J'ai réalisé que la vie n'était pas là-haut mais bien sous nos pieds, autour de nous, avec un petit peu plus de poésie ! J'allais peindre et sculpter la vie ici sur notre île bleue, la Terre.

A la sortie des Beaux Arts, il me fallait vivre. J'ai donc crayonné des logos pour des agences de publicité. Sur les conseils de Manchu, dont j'admire le travail, je suis allé voir une agence parisienne, Zig Zag. J'ai fait quelques maquettes et projets jusqu'à cet appel d'offre où l'on m'a proposé de faire des crayonnés pour la sélection du dessin de la mission franco-soviétique Aragatz, avec Jean-Loup Chrétien (1998). Pour l'anecdote: j'avais réalisé de très grands rayons de Soleil qui passaient derrière la station Mir. Quel tollé ! On était bien sûr en pleine guerre des étoiles (celle des lasers), ce n'était pas la peine d'en rajouter… M'enfin, boaf !

 

 

L'écusson de la mission Aragatz dessiné par Didier Bécet

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

Ma passion, c'est mon métier. Comme tout artiste, j'ai la chance de la vivre et d'en vivre. Et je la vis bien.

 

 

Quelle anecdote ou souvenir fort souhaiteriez-vous nous faire partager ?

J'ai un souvenir fort qui date de mon séjour à Los Angeles, en 1986. Je sortais alors d'une interview chez une maison de production, il faisait beau, les autoroutes sillonnaient le ciel, j'avais un air de Motel California dans les oreilles. Je me suis arrêté devant un de ces magasins où vous avez une vitrine remplie d'une cinquantaine de téléviseurs. Sur toutes les télés, le décollage en direct de la navette spatiale. Je regardais quand soudain : l'explosion !

J'avais l'impression d'avoir reçu un coup de marteau sur la tête ! D'autant que les gens dans la rue n'avait pas l'air concernés… J'ai appelé mon père, qui n'a pas eu l'air concerné non plus. J'étais seul et j'avais envie de dire à tout le monde : "Regardez, regardez, c'est tragique !" Mais le monde ne s'écroulait pas, c'était juste une erreur humaine, comme il y en a tant…

 

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

Je choisis une image de la Terre parce que... quoi de plus beau ? Parce que c'est chez nous, parce que elle est vivante, parce que il faut y faire attention !

Home, sweet home.

 

 

 

De la même manière, quel objet spatial retiendriez-vous ?

J'ai en mémoire cette image de l'homme satellite de la Terre, lors d'une mission de la navette en 1984.

 

Essai du MMU (Manned Maneuvering Unit) de la NASA à l'extérieur de la navette Challenger le 7 février 1984.

Bruce McCandless devient un homme satellite.

 

 

Que représente pour vous Spoutnik-1 ?

Un premier pas.

 

 

Que représente pour vous le personnage de Youri Gagarine ?

Un homme courageux.

 

 

Que représente pour vous la station Mir ?

Un hôtel sans confort.

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

J'aimerais comprendre la mécanique de l'Univers et y voyager aussi vite que la lumière !

 

 

 

Merci, Didier Bécet !

 

Interview réalisée par mail en décembre 2008

 

 

La semaine prochaine (lundi 22 décembre 2008) : Bobby Satcher

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas