L'invité de la semaine dernière : Laurent Costy

 

LES INVITES DU COSMOPIF

 

N°265 (lundi 18 janvier 2010)

 

Etienne Daumas

Travel Manager du CEA

 

 

 

Qui êtes-vous, Etienne Daumas ?

Je suis né entre Apollo 14 et Apollo 15, bercé au son de Led Zeppelin, Deep Purple et les premiers Springsteen. Versailles a été le lieu de mon premier atterrissage, j'ai ensuite décollé vers Orsay, Lille, Amiens et Paris pour me reposer de nouveau à Orsay en famille. A 38 ans, je suis papa de deux petits garçons, Antoine et Matthieu, et partage avec bonheur le quotidien de mon épouse, Alexandra.

Passionné est un mot que j'utilise beaucoup pour me décrire : l'aviation avec le pilotage et la photographie, la bande dessinée, la musique avec toujours Springsteen, les voyages (les Etats-Unis avec ses shows aériens et ses grands parcs, l'Amérique du Sud, ses plateaux d'altitude et son ciel exceptionnel, l'Europe avec toujours comme fil conducteur des meetings aériens ou des concerts).

L'espace est pour moi devenu le prolongement de ma passion pour l'aviation et avec humilité, n'ayant pas de parcours scientifique, j'avance dans ce monde fascinant.

Aujourd'hui, je suis responsable de la politique voyage du CEA (Commissariat à l'énergie atomique), une fonction qui me permet de rencontrer d'autres passionnés d'aviation et de me mettre en application mes années d'études commerciales.

Par ailleurs, je suis co-fondateur du fan club français de Springsteen (www.tramps-like-us.com) et rêve de faire de belles photos de la Lune.

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Ne voyant pas les années passer entre la maternelle et le baccalauréat B, je me suis retrouvé en 1990 à un carrefour de ma vie. Qu’allais-je faire ??? Je pilotais depuis 3 ans mais ma vue a mis fin à mes ambitions de devenir pilote professionnel. J’ai alors opté pour un DUT commerce international à Sceaux puis j’ai intégré l'Ecole Supérieure de Commerce de Lille. J’ai enchainé avec mon service militaire que j’ai effectué en cellule emploi. En 1996, je suis rentré chez Décathlon comme responsable d’univers puis, trois ans plus tard, j’ai eu l’opportunité de rentrer au CEA comme acheteur. A la création de la direction des achats, on m'a confié les achats voyages et la politique voyages du CEA, poste que j’occupe avec beaucoup de plaisir aujourd’hui.

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

Ma première passion est l’aviation. Elle date de 1981, lorsque ma mère m’a emmené à la Ferté Alais pour la première fois. Suivirent des Salons du Bourget, des meetings nationaux de l’air et des appareils photographiques de plus en plus performants. A 15 ans, j’ai appris à piloter et ai passé mon brevet de pilote (perdu depuis). L’espace est arrivé plus tard mais mon point d’entrée a été mon intérêt pour Chuck Yeager et les X planes. Le Bell X-1 me fascine depuis toujours et je ne cesse de décliner cette fascination sur les machines (X-1, X-15, XB-70, X-29) et sur les hommes pilotes d’essai : Chuck donc mais aussi Scott Crossfield, Joe Cotton, Al White, Joe Engle et un certain Neil Armstrong ; le film L’étoffe des héros m’a bien aidé et, dans une moindre mesure, Top Gun. J’ai voulu me rapprocher de cette étoffe et, depuis 1997, je me rends régulièrement à la base d'Edwards AFB en Californie. J’y ai vu et entendu Chuck Yeager repasser le mur du son, 50 ans après, vu Scott Crossfield, Bill Dana, Pete Knight et Joe Engle signer des autographes pour les 40 ans du X-15, vu la navette spatiale sur son portique avant son retour à Cap Kennedy, vu le SR-71 Backbird voler à Mach 3...

 

 

Chuck Yeager (né en 1923) aux commandes de l'avion-fusée Bell X-1

avec lequel il franchit le mur du son le 14 octobre 1947

 

 

En 2004, j’ai eu la chance de voir le second vol qualificatif du Space ShipOne dans sa quête du Anasazi X Prize au dessus du désert de Mojave. Ce fut exceptionnel. Cet événement m’a permis d’être publié dans Espace Magazine. Depuis, je parcours les Etats-Unis à la recherche de musées, airshows ou lieux mythiques. L’aviation et l’espace sont des fils rouges incontournables de ma vie et j’espère ne jamais avoir à y renoncer. Je rêve évidemment de transmettre cette passion à mes petits sans les forcer…

 

 

SpaceShipOne se pose sur l’aéroport de Mojave le 21 juin 2004

après son deuxième vol à plus de 100 km d’altitude.

Photo Etienne Daumas

 

 

Quelle anecdote personnelle ou souvenir fort lié à la conquête spatiale souhaiteriez-vous nous faire partager ?

En 1997, j’ai rencontré Chuck Yeager pour la première fois. Cette rencontre sur la base d’Edwards a précédé un vol sur F-15 avec passage de Mach 1 de Chuck Yeager et dans le contexte historique du lieu, j’avoue avoir été rempli d’émotions et de larmes. J’ai, depuis revu, Chuck Yeager, notamment pour son dernier vol, et je reconnais que ce personnage est une personnalité qui compte pour moi.

Plus récemment et plus en relation avec la conquête spatiale, je suis allé avec des amis au meeting aérien de Tyndall, en Floride, en 2005. Le jour qui précédait le show, nous sommes allés visiter le musée naval de Pensacola et, à notre arrivée, nous avons trouvé le parking bien rempli. A l’intérieur du musée encore ouvert au public, il y avait un symposium avec Jim Lovell (commandant d'Apollo 13), Gene Cernan (commandant d'Apollo 17 et dernier homme à avoir foulé le sol lunaire), Walter Schirra, Bill Sheperd (159 jours dans l'espace !!!) et d’autres légendes des programmes Apollo, Gemini ou Mercury. Ce fut un superbe bonus à notre grand week-end et reste un souvenir exceptionnel.

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

Je reste fasciné par la photo de la première sortie extravéhiculaire libre de Bruce McCandless (Challenger STS 41B) mais ma photo préférée reste la nébuleuse de l’Aigle prise par le télescope spatial Hubble. Dans cette photo, j’y vois tout : la vie, la mort, la beauté, le vide, l’inconnu. Elle m’attire et m’effraie.

 

   

 

 

De la même manière, quel objet spatial vous fascine-t-il ?

Les capsules Apollo restent des objets fascinants, d’une apparente obsolescence et d’une technologie qui a permis aux hommes de se poser et de marcher sur la Lune. Néanmoins, Hubble est l’objet spatial ultime. Ses clichés sont exceptionnels et ses performances hallucinantes. Sa réparation reste aussi un grand moment de l’ère spatiale.

 

 

 

Quel souvenir gardez-vous de la nuit du 20 au 21 juillet 1969 ?

Je n'ai pas de souvenir du jour J car je n’étais pas encore né… Rétrospectivement, je perçois un événement mondial suivi en direct dans le monde entier, des images "floues", un tourbillon médiatique et des hommes touchés par un événement les dépassant.

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

Sans hésitation, j'aimerais marcher sur la Lune, elle m’attire.

 

 

Merci, Etienne Daumas !

 

Interview réalisée par mail en septembre 2009

 

 

 

La semaine prochaine (lundi 25 janvier 2010) : Olivier Garde

 

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas

 

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