LES INVITES DU COSMOPIF

 

L'invitée n°131 (lundi 13 novembre 2006)

 

Marie-Lise Lopez

Conseillère pédagogique

 

 

 

Qui êtes-vous, Marie-Lise Lopez ?

Je suis conseillère pédagogique à l'Inspection des écoles de Bobigny (Seine-Saint-Denis), où j'habite. Bien sûr, je suis née une super année ! D'abord, c'est l'année où sort sur les écrans "Et Dieu créa la femme", c'est vous dire ! Cette année là, le mythique Paul Emile Victor met les pieds pour la première fois sur l'Antarctique en terre Adélie, c'est aussi l'hiver le plus froid, le soulèvement hongrois, etc. Avec tout ça, vous devriez trouver. Je suis célibataire et maman d'un grand fiston de 25 ans qui a quitté le nid il y a quelques mois. Je suis passionnée d'astronomie et j'aime aussi la poésie, le cinéma, les voyages, Madagascar, le bon vin autour de bons repas entre copains…

 

      

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

J'ai longtemps travaillé comme documentaliste dans la formation professionnelle continue pour les adultes. En 1991, j'ai réussi le concours d'entrée à l'IUFM de Seine-Saint-Denis (ex-Ecole normale) et, dès octobre, une classe m'a été attribuée. En 2000, j'ai préparé le concours de formateur et, depuis 2004, je suis conseillère pédagogique à l'Inspection de Bobigny.

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

Si je n'avais qu'une passion, ce serait simple mais voilà, je suis un peu compliquée ! Disons que la principale est l'astronomie. Elle est née au fond d'un garage il y a... longtemps. Avec une bande de copains, nous nous étions mis en tête de fabriquer un télescope, oui, oui ! C'était le côté technique qui nous branchait, l'idée de passer du temps à visser, découper, assembler, poncer…. On a fini par y arriver, avec beaucoup de bons moments à vrai dire. Et puis un jour, un vieux bonhomme du quartier a débarqué, il portait enveloppé dans un vieux chiffon un moteur à base d'un mouvement d'horlogerie et nous l'a donné. C'était un horloger à la retraite ravi de nous voir bricoler. Quand j'ai mis pour la première fois mon œil derrière l'oculaire, j'ai vu la Lune, si belle, si ronde, si fugace et si près que j'ai cru que je pouvais la toucher ! Tout est né ce soir là... Depuis, je passe beaucoup de nuits en compagnie de mon télescope, je ne suis pas très douée mais je me fais plaisir. Mes observations préférées sont Jupiter et la danse de ses satellites, rechercher un lieu précis sur la Lune, la nébuleuse d'Orion… Vous ajoutez de la bonne musique ou de la poésie ou un carnet de voyage et la vie est plus légère !

 

 

Jupiter et ses quatre principaux satellites vus au télescope

 

 

A Bobigny, je propose beaucoup d'activités scientifiques pour les enfants. Depuis 1998, je participe à l'opération "Main à la pâte" à l'initiative de Georges Charpak que j'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs fois, ainsi que d'autres membres de l'Académie des Sciences comme Pierre Léna ou Yves Quéré. Dans ce cadre, j'ai participé en 2000 à l'Université d'été des Treilles. Pendant plusieurs jours, enseignants et chercheurs travaillent ensemble sur différents ateliers et ce travail donne lieu à la publication d'un livre, Graines de sciences, rédigé par l'ensemble des participants. J'ai eu aussi l'occasion d'aller former sur ce programme de sciences expérimentales des enseignants hongrois dans le Nord puis au Sud de la Hongrie.

C'est aussi dans cette effervescence scientifique que je me suis rapprochée du CNES. D'abord en participant à l'opération "Un ballon pour l'école" avec le concours de Planète Sciences. Ensuite avec la mission Andromède et un travail avec Claudie Haigneré alors astronaute à bord de l'ISS. Aujourd'hui avec le projet Calisph'air associé au satellite Callipso qui a rejoint le train de satellites A-Train pour une surveillance complète de la planète ses océans et son climat. Il nécessite de très nombreuses données au sol réalisées par des élèves pour une vraie recherche scientifique sur la couverture nuageuse ou les taux d'ozone. Enfin, nous montons actuellement le projet "Voyageur des sciences" qui s'associera à une expédition de Stéphane Lévin dans le Sahara pour une sensibilisation au développement durable. Nous poursuivons bien sûr le projet Argonautica en suivant des manchots et des éléphants de mer en Antarctique, qui sensibilise les élèves à la préservation des espèces et aux relations entre océan et atmosphère.

Ces activités spatiales m'ont également permis en 2002 de participer à l'International Space Camp à Huntsville (Alabama) en compagnie d'un autre enseignant invité comme moi par le CNES.

 

 

Après 6 lycéens emmenés dans l'Arctique canadien durant 2 semaines en avril-mai 2006,

l'explorateur Stéphane Lévin (ici sur la banquise en 2005) emportera 6 autres jeunes dans le désert au Printemps 2007

www.sciences-aventures-extremes.com

 

 

Quelle anecdote ou souvenir fort souhaiteriez-vous nous faire partager ?

Je me rappelle du mois de juillet 1969. En pleine nuit, la voix de Neil Armstrong qui sort du poste télé tout neuf. Je trouve cela fascinant et curieux, une Lune grise, des pas mal assurés. Il me faudra un peu de temps pour réaliser qu'ils l'ont fait, ils y sont allés !

 

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

Un voyageur dans l'Univers, c'est le rêve, la poésie. Là, c'est Bruce McCandless. Je prendrais bien sa place !

 

 

Mission STS 41-B (février 1984)

Image NASA

 

 

De la même manière, quel objet spatial retiendriez-vous ?

Je choisis le message envoyé à bord de la sonde Voyager. C'est un disque contenant des sons et des images représentant notre culture et la vie sur Terre... Une bouteille à la mer qui a déjà franchi les frontières de notre Système solaire et se dirige vers la constellation de la Girafe.

 

 

Vidéodisque des sondes Voyager renfermant une véritable encyclopédie audiovisuelle de la Terre

NASA

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

Le plus fou, ce serait bien sûr d'effectuer un vol à bord d'une navette avec une petite sortie dans l'espace, voir la Terre depuis là-haut, flotter... D'autres rêves un peu fous mais peut être réalisables : visiter la Cité des étoiles en Russie, passer du temps avec des cosmonautes, observer le ciel depuis le Very Large Telescope au Chili… Mais je me contenterais du "2 mètres" du Pic du Midi !

 

 

A 2 877 m, la coupole du télescope de 2 mètres du Pic du Midi de Bigorre (66)

 

 

Que représente pour vous le personnage de Youri Gagarine ?

D'abord, quel beau mec ! Ensuite, Gagarine fut un passionné et un courageux qui, un peu malgré lui, est devenu le héros de sa nation et en même temps le citoyen de l'Univers, le premier à voir que notre Terre est bien ronde. C'est presque un mythe et un vrai héros.

 

 

Que représente pour vous la station Mir ?

La station Mir évoque pour moi un sacré bazar, un endroit peu spacieux pour du spatial et un sacré pied de nez aux Américains. Parce que, sous ses airs de mécano russe mal assemblé, elle a rempli sa mission durant 15 années pendant lesquelles l'homme a appris à survivre dans l'espace, milieu plutôt hostile. Même la nouvelle station a profité des leçons de Mir, un beau succès !

 

 

Merci, Marie-Lise Lopez !

 

Interview réalisée par mail en mai 2006

 

 

La semaine prochaine (lundi 20 novembre 2006) : Michel Vieillefosse

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas