LES INVITES DU COSMOPIF

 

N°161 et 162 (lundi 10 septembre 2007)

 

 

Jennifer Boldrini et Yanomi De Oliveira

Représentants de la France à l'International Space Camp 2007

www.spacecamp.com

 

   

 

Photos Pif

 

 

 

Vainqueurs français du concours International Space Camp avec leur vision de la conquête spatiale dans 50 ans, Yanomi De Oliveira et Jennifer Boldrini, ont effectué du 21 au 27 juillet 2007 un stage d'initiation au métier d'astronaute à Huntsville (Alabama).

23 nationalités étaient représentées lors de cette 17édition ("l'occasion de découvrir d'autres cultures et de se faire des amis venant du monde entier", s'enthousiasme Yanomi). 2007 marque également le 25e anniversaire de la création du Space Camp. "Un lieu idéal pour les passionnés d'espace" selon Jennifer et "une formidable démonstration de l'importance de l'esprit de groupe et un aperçu de la gestion de l'imprévu dans le spatial" pour Yanomi.

 

 

Yanomi De Oliveira et Jennifer Boldrini à l'issue de la cérémonie finale de remise de diplômes de l'ISC 2007,

en compagnie de leur accompagnateur Jérôme Hamm

 

 

 

Qui êtes-vous, Jennifer Boldrini et Yanomi De Oliveira ?

Jennifer Boldrini : Je suis lycéenne et rentre en classe de Première. Mes passions sont l’espace, les animaux et les langues étrangères. J’habite à Ermont dans le Val d'Oise avec ma mère car mes parents sont divorcés. Lorsque j’ai du temps libre, j’aime surfer sur le Net, lire des magazines concernant l’espace et aller au cinéma (je regarde beaucoup de film de science-fiction). Plus tard, je voudrais faire des études dans le domaine de l’astronomie.

 

Yanomi De Oliveira : J’ai 15 ans, je suis né à Colombes (Hauts-de-Seine) en septembre 1991 mais je vis actuellement aux Lilas (Seine-Saint-Denis) depuis l’âge d’un an. Je suis lycéen en Première S-SI au lycée Condorcet de Montreuil. J’ai eu mon BIA (brevet d’initiation à l’aéronautique) -mention très bien- et j’apprends à piloter des planeurs. J'aime les sciences, les hautes technologies et surtout l’exploration spatiale.

Mes activités préférées sont la lecture de revues scientifiques et spatiales et d’articles sur Internet, les échecs et le badminton.

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

Jennifer Boldrini : Je me passionne pour tout ce qui concerne l’espace. J’aime suivre l’actualité spatiale, toutes les nouvelles découvertes grâce aux télescopes, sondes et robots, la découverte de nouvelles planètes, d’eau sur Mars...

 

Yanomi De Oliveira : J’ai toujours été passionné par le spatial sans le savoir mais j’ai découvert cette passion en lisant des livres de science fiction tournés vers l’espace en Cinquième. Depuis, je veux apprendre le plus possible sur le spatial et ses technologies.

Cette passion ne cesse de grandir au fil du temps, ce qui m’a poussé à participer au concours International Space Camp. Actuellement, j’ai comme objectif de devenir ingénieur en études spatiales.

 

 

Quel souvenir marquant souhaitez-vous nous relater ?

Jennifer Boldrini : Le souvenir que j’aimerais vous faire partager s‘est passé lors de mon séjour au Space Camp cet été. C'était lors de la cérémonie d’ouverture, où les 23 nations représentées se sont succédées pour présenter leur pays. C’était fait d’une manière très organisée et officielle, c'était assez étonnant.

 

Yanomi De Oliveira : L’annonce officielle du programme Constellation (retour sur la Lune), le 15 janvier 2004, m’a vraiment marqué. Cela signifiait le grand retour de l’exploration spatiale habitée.

 

 

Les lanceurs Ares, fers de lance du programme Constellation

NASA

 

 

Quelle photo de la conquête spatiale retiendriez vous ?

Jennifer Boldrini : Ma photo spatiale préférée se nomme "Spire in the Eagle Nebula", c’est une photo représentant une tour montante composée de différents gaz, chacun étant responsable d’une des couleurs présentes sur l'image. Cette tour représente 9,5 années-lumière (ou environ 90 trillions de kilomètres) de haut. Cette photo a été prise en novembre 2004. C’est très impressionnant.

 

   

 

Yanomi De Oliveira : Je choisis la photo d'un propulseur ionique. J’aime regarder la puissance de la flamme derrière les systèmes de propulsion.

 

 

De la même manière, quel objet spatial retiendriez-vous ?

Jennifer Boldrini : Ce n’est pas vraiment un objet que je retiendrais mais plutôt une série : le programme Ariane. C’est le plus grand programme de lanceur européens qui a été proposé par la France.

 

 

 

Yanomi De Oliveira : L’objet spatial que je retiens, c’est le générateur électrique nucléaire nommé RTG (Radioisotope Thermoelectric Generator), qui a permis de rendre possible l’exploration des planètes éloignées du Système solaire.

Ce générateur équipe actuellement la sonde spatiale New Horizon, qui se dirige vers la planète naine Pluton.

 

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

Jennifer Boldrini : Mon rêve spatial le plus fou serait que l’homme un jour puisse habiter sur une autre planète, qui lui serait propice.

 

Yanomi De Oliveira : Mon rêve spatial le plus fou serait de révolutionner l’exploration spatiale en diminuant les coûts de mise sur orbite d’un satellite ou en réalisant un système de propulsion qui rendrait possible les voyages interstellaires avec une durée de mission raisonnable.

 

 

Que représente pour vous le personnage de Youri Gagarine ?

Jennifer Boldrini : Youri Gagarine est un héros de l’Union soviétique. Ce fut le premier cosmonaute a voyager dans l’espace. Je pense qu’il a définitivement marqué l’humanité et l’histoire de la conquête spatiale.

 

Yanomi De Oliveira : Pour moi, Youri Gagarine est un personnage légendaire car il a été le premier homme à aller dans l’espace. D’une intelligence et d’un courage exceptionnels, Youri Gagarine avait aussi une maîtrise parfaite du pilotage. Il me fait penser à un autre pilote : Mike Melvill devenu le premier astronaute à atteindre l’espace à bord d’un engin spatial privé, le SpaceShipOne, le 21 juin 2004.

Les deux personnages ont ouvert de nouvelles voies : Youri Gagarine celle de l’espace à l’homme et Mike Melvill celle de l’espace aux touristes.

 

 

Que représente pour vous la station Mir ?

Jennifer Boldrini : Mir était une station spatiale russe, un immense laboratoire habitable dans l’espace. Je pense que cette station était une véritable avancée pour la conquête spatiale.

 

Yanomi De Oliveira : La station Mir correspond malheureusement à une époque que je n’ai pas vécue et mon seul souvenir d’elle est son entrée dans l’atmosphère sous la forme d’une boule de feu en mars 2001 (comme une étoile filante). Cela symbolise pour moi la fin d’une aventure exceptionnelle mais aussi l’avènement de la station spatiale internationale.

 

 

Que représente pour vous Spoutnik-1 ?

Jennifer Boldrini : Je suis davantage impressionnée par Spoutnik-2, qui a suivi à peine un mois après Spoutnik-1 et a été conçu pour transporter le premier passager spatial, la chienne Laïka. Grâce à ce lancement, l’homme a pu approfondir ses recherches concernant les réactions du corps humain dans l’espace.

 

Yanomi De Oliveira : Ce sujet est très abordé pour son cinquantième anniversaire, il a d’ailleurs inspiré la question du concours International Space Camp auquel j’ai participé (la question était : "100 ans après Spoutnik : à quoi ressemblera la conquête spatiale en 2057 ?").

Spoutnik-1 a amorcé l’exploration spatiale et a permis de découvrir un nouvel champ d'exploration : l’espace. La course aux étoiles (durant la Guerre froide) qui a suivi Spoutnik-1 est responsable d’une avancée des connaissances dans tous les domaines du savoir comme la physique, l’astronomie, les mathématiques, la navigation, la chimie, la biologie, la médecine, l’électronique, l’informatique, la météorologie…

Spoutnik-1 a donc influencé une nouvelle ère technologique innovante et continuera au moins de le faire jusqu’au centième anniversaire en 2057 !

 

 

Merci, Jennifer Boldrini et Yanomi De Oliveira !

 

Interview réalisée par mail en août 2007

 

 

La semaine prochaine (lundi 17 septembre 2007) : Jean-Jacques Favier

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas