LES INVITES DU COSMOPIF - SPECIAL 50 ANS DE SPOUTNIK-1

 

 

 

Cliquez ici

pour conna�tre les comm�morations pr�vues

 

Cliquez l� pour (r�)�couter le son du Spoutnik

Retrouvez un reportage de l'�poque sur le site de l'INA

 

N�165 (lundi 1er octobre 2007)

 

 

B�b�-Lune

Compagnon de route

 

 

B�b�-Lune

Dessin de Vornan

 

Prototype du satellite Spoutnik-1

expos� au Mus�e Energia de Moscou

Photo Pif

 

 

Qui �tes-vous, B�b�-Lune ?

Je suis le premier satellite artificiel de la Terre, boule d'aluminium plac�e sur orbite par l'Union sovi�tique le vendredi 4 octobre 1957 � 22h28 (heure de Moscou) : c'�tait il y a 50 ans

Je p�se 83,6 kg et mon diam�tre est de 58 cm. Je suis �quip� de capteurs de pression et de temp�rature ainsi que de 4 antennes sur pivot longues de 2,45 � 2,9 m. Ma t�l�m�trie (deux c�l�bres "bip-bip" �gren�s � intervalles r�guliers) utilise les fr�quences 20,005 et 40,002 MHz.

Mes concepteurs m'ont surnomm� PS-1 (pour Proste�chii Spoutnik 1, ou satellite le plus simple n�1, en russe) et mon nom de code international est 1957 A1. Mais la presse et le grand public ont pr�f�r� m'appeler Spoutnik (le compagnon de route) ou B�b�-Lune.

 

   

 

Derniers r�glages et lancement

 

 

Mon orbite est elliptique  : 228,5 km de p�rig�e, 946,5 km d'apog�e et inclinaison de 65,1� par rapport au plan de l'�quateur. J'effectue une r�volution autour du globe en 96,17 minutes, � une vitesse de 8,55 km par seconde.

J'ai fonctionn� 3 semaines (jusqu'au 26 octobre 1957), jusqu'� l'�puisement de mes batteries, et me suis consum� dans l�atmosph�re le 4 janvier 1958, apr�s 92 jours de vol.

 

   

 

Peinture d'Andre� Sokolov et photographie du dernier �tage de la fus�e porteuse dans le ciel de Montr�al

 

 

Quel a �t� votre parcours professionnel ?

C'est la mise en place de l'Ann�e G�ophysique Internationale 1957-1958, d�cid�e est 1952 par le Conseil International des Unions Scientifiques, qui est � l'origine de ma naissance. Dans le cadre de cette ann�e de coop�ration mondiale dans les sciences de la Terre, l'envoi de satellites artificiels pour sonder la haute atmosph�re terrestre, encore pleine de myst�res, avait �t� vivement encourag�. L'URSS d�cida de relever le d�fi, profitant du d�veloppement de son missile intercontinental R-7 Semiorka, op�rationnel en ao�t 1957 : d�s 1955, des annonces officielles �taient faites, sans �tre r�ellement prise, au s�rieux !

 

Mais la conception de l'objet D, le gros satellite de recherche pr�vu � l'origine pour �tre le premier � �tre exp�di� autour du globe, prit du retard. Afin de ne pas �tre doubl� par le projet de petit satellite am�ricain Vanguard, Sergue� Korolev, le responsable du programme spatial sovi�tique, changea de strat�gie d�but 1957 : il fit engager rapidement ma construction, plus rudimentaire�

 

      

 

Sergue� Korolev, Mikha�l Tikhonravov et Leonide Sedov

 

Du lancement de Spoutnik-1 jusqu'� sa mort, Sergue� Korolev (1907-1966)

fut le chef d'orchestre des premiers succ�s spatiaux sovi�tiques.

Pour la mise au point de la R-7 et de Spoutnik-1, il fut notamment �paul�

par l'ing�nieur Mikha�l Tikhonravov (1900-1974).

Membre de l'Acad�mie des sciences de l'URSS et porte-parole des d�l�gations sovi�tiques

lors des grandes internationales d'astronautique, le physicien Leonide Sedov (1907-1999)

sera longtemps consid�r� comme le "p�re" de Spoutnik-1.

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle n�e, comment la vivez-vous ?

Je suis un grand amateur de radio.

 

   

 

Extrait de France Dimanche du 10 au 16 octobre 1957

et note de l'Agence France Presse sur les signaux �mis par le satellite

 

 

Quelle anecdote ou souvenir fort souhaiteriez-vous nous faire partager ?

Je crois que c'est l'effet produit par mon lancement qui m'a le plus marqu� : enthousiasme partout dans le monde et grande d�stabilisation du monde politique am�ricain.

 

La nouvelle de mon lancement, annonc�e par Radio-Moscou le 5 octobre � 1h30 du matin (soit le 4 octobre � 23h30 � Paris), fit imm�diatement le tour du monde. En quelques heures, mon nom �tait sur toutes les l�vres et � la une de tous les journaux. Les radio-amateurs du monde entier pouvaient �couter mes signaux du satellite et des s�ances publiques d'observation de mon passage (et de celui du dernier �tage de ma fus�e porteuse) �taient organis�es. On r�vait de complexes orbitaux et de voyages interplan�taires

 

 

 

A la une de France Dimanche du 10 au 16 octobre 1957, le r�cit du premier voyage dans la Lune (dans le crat�re Ptol�m�e) par le professeur Khlebtsevitch, "sp�cialiste sovi�tique des satellites artificiels".

   

 

Avec un tirage de 1,8 millions d'exemplaires, Paris Match s'impose en 1957 comme le premier hebdomadaire fran�ais.

Dans son num�ro du 19 octobre 1957, il consacre 32 pages au choc du Spoutnik. Notez que le satellite est color� en rouge�

 

Une du mensuel Sciences et Avenir de novembre 1957

 

 

Illustration du projet d'exploration de la face cach�e de la Lune

publi�e dans un magazine sovi�tique en 1957

 

 

 

Le communiqu� de l'agence Tass

 

 

   

 

Une de la Komsomolskaya Pravda du 6 octobre 1957

La Terre au satellite (sur ondes courtes) : "Comment �a va ? - Le satellite : "Bien"

 

 

Depuis plusieurs ann�es, on proc�de en Union sovi�tique � des travaux de recherche, d'exp�riences et de construction pour la cr�ation de satellites artificiels de la Terre.

Comme on l'a d�j� annonc� dans la presse, les premiers lancements des satellites en U.R.S.S. ont �t� envisag�s dans le cadre du programme de recherches scientifiques de l'Ann�e g�ophysique internationale.

A la suite d'un travail intensif des instituts de recherches et des bureaux de construction, un satellite artificiel de la Terre, le premier au monde, a �t� cr��.

Le 4 octobre 1957, le lancement efficace du premier satellite artificiel a �t� effectu� en U.R.S.S.

Il ressort des premiers renseignements que la fus�e porteuse a conf�r� au satellite la vitesse orbitale indispensable de pr�s de 8 000 m�tres � la seconde. A l'heure actuelle, le satellite d�crit des trajectoires elliptiques autour de la Terre et sa r�volution peut �tre observ�e dans les rayons du Soleil levant et couchant � l'aide d'instruments d'optique les plus simples (jumelles, longues-vues, etc.).

Il ressort des calculs, confirm�s par les observations directes, que le satellite se d�placera � 900 km d'altitude, effectuant le tour complet de la Terre en une heure et trente-cinq minutes. L'angle de l'inclinaison par rapport au plan de l'�quateur est de 65 degr�s.

Le satellite passera au-dessus de la r�gion de Moscou deux fois dans la nuit du 4 au 5 octobre : � 1h45 et � 5h42.

La radio sovi�tique diffusera r�guli�rement des informations concernant l'�volution ult�rieure du satellite.

Le premier satellite se pr�sente sous la forme d'une sph�re de 58 centim�tres de diam�tre. Son poids est de 83 kg 600. Il est muni de deux postes �metteurs qui diffusent des appels ininterrompus sur les fr�quences 20 005 et 40 002 m�gacycles (15 et 7,5 m�tres environ).

La puissance des �metteurs permettra aux amateurs sans-filistes de capter les signaux radio du satellite dans de bonnes conditions.

Les signaux sont �mis sous forme de messages t�l�graphiques durant quelques trois dixi�mes de seconde, avec une pause de la m�me dur�e entre eux.

Le signal sur une fr�quence est �mis pendant le temps de pause sur l'autre fr�quence.

Les stations scientifiques en divers endroits de l'Union sovi�tique proc�dent � l'observation du satellite et �valuent les �l�ments de sa trajectoire.

Etant donn� que la densit� des hautes couches rar�fi�es de l'atmosph�re n'est pas connue avec certitude, on ne dispose actuellement d'aucune donn�e pour d�terminer avec pr�cision la dur�e de l'existence du satellite et l'endroit o� il p�n�trera dans les couches plus denses de l'atmosph�re. Il a �t� calcul� qu'en raison de sa vitesse terrifiante le satellite se consumera en atteignant les couches denses de l'atmosph�re, � une altitude de plusieurs vingtaines de kilom�tres.

La possibilit� des vols cosmiques au moyen de fus�es � �t� formul�e pour la premi�re fois d�s la fin du dix-neuvi�me si�cle, en Russie, gr�ce aux travaux du savant Constantin E. Tsiolkovski. Le lancement effectif du premier satellite cr�� par l'homme constitue une grande contribution au tr�sor scientifique et culturel du monde. L'exp�rience scientifique r�alis�e � cette altitude est d'une port�e immense pour l'�tude de l'espacecosmique et de la Terre, en tant que plan�te de notre Syst�me solaire. Les satellites artificiels frayeront le chemin aux voyages interplan�taires et selon toute apparence nos contemporains seront les t�moins de la r�alisation des r�ves les plus hardis de l'humanit� gr�ce au travail de la nouvelle soci�t� socialiste, libre et consciente.

 

Publi� dans Le Monde dat� des 6-7 octobre 1957

 

 

 

   

 

Partout, "B�b�-Lune" est �cout�, observ�, comment�

 

   

 

 

Mais mon lancement a �galement provoqu� stupeur et inqui�tude dans le monde occidental, en particulier aux Etats-Unis. Pour les dirigeants am�ricains en effet, il s'agissait d'un nouveau Pearl Harbor, cette fois-ci politique, technologique et m�diatique.

 

      

 

Dessin n�1 : "Qu'est-ce que c'�tait ?" Paru dans le quotidien am�ricain The Baltimore Sun (Maryland)

 

Dessin n�2 : "Qui d'autre peut vous offrir la Lune ?" demande Nikita Khrouchtchev aux pays en voie de d�veloppement.

Paru dans le quotidien am�ricain The Sacramento Bee (Californie)

 

Dessin n�3 : la science russe d�coiffe le programme de satellite am�ricain

Paru dans le quotidien am�ricain The Detroit Free Press (Michigan)

 

 

 

Quelques r�actions suite au lancement de Spoutnik-1

 

 

Joseph Kaplan, pr�sident de la commission am�ricaine de l'ann�e g�ophysique

Cit� dans Lib�ration du 5 octobre 1957

Dans le court laps de temps qui leur �tait imparti -pas plus long que celui dont nous disposions- j'estime que les Russes ont obtenu un succ�s remarquable. J'esp�re qu'ils nous donneront des informations pour que nos �quipes d'observateurs en tirent des enseignements scientifiques (�).

C'est vraiment fantastique. S'ils ont pu lancer un satellite de ce poids, ils peuvent aussi en lancer de beaucoup plus lourds.

 

Georges Laclav�re, directeur adjoint de l'Institut g�ographique national

Cit� dans Le Monde dat� du 6-7 octobre 1957

L'exp�rience devrait en principe nous donner des indications vari�es. La densit� des couches ext�rieures de l'atmosph�re sera mieux connue gr�ce � l'observation des perturbations de l'orbite dues � la r�sistance atmosph�rique. Gr�ce � des observations synchronis�es avec une tr�s haute pr�cision de diff�rents points de la surface terrestre, les distances entre les diff�rents continents seront connues avec une plus grande pr�cision. La d�termination pr�cise de l'orbite permettra de conna�tre la forme de la Terre et en particulier son aplatissement. L'observation des perturbations de l'orbite due � une distribution non uniforme des masses � l'int�rieur de la cro�te terrestre aidera peut-�tre � d�finir les grandes lignes, la composition de la cro�te. L'installation de compteurs � photons dans le satellite nous renseignera sur le rayonnement solaire dans le spectre de l'ultra-violet et des rayons X. Ces radiations sont presque compl�tement absorb�es par l'atmosph�re terrestre et il en r�sulte que ces observations ne peuvent �tre faites � partir du sol. Des compteurs de Geiger install�s dans le satellite mesureront le rayonnement cosmique, qui est en grande partie absorb� par l'atmosph�re ou qui est d�vi� par les lignes de force du champ magn�tique terrestre. Les instruments permettront de conna�tre la composition de la tr�s haute atmosph�re et en particulier la densit� dans l'espace des atomes d'hydrog�ne et des ions. Ils permettront �galement de mesurer l'impact des particules m�t�oritiques qui p�n�trent constamment dans l'atmosph�re.

 

Hilaire Cuny, �crivain

In Combat, 6 octobre 1957

Que les petits enfants en �ge de comprendre se rappellent cette date. Ils pourront l'�voquer, vieillards chenus, entour�s de leur descendance admirative, comme nous p�mes recueillir nous-m�mes, des l�vres de nos parents, les commentaires sur l'exploit du pionnier de l'aviation Cl�ment Ader, r�ussissant � d�coller, sur une distance de 300 m�tres, le 14 octobre 1897, avec son "a�roplane" ; comme ceux-ci, en leur temps, rencontrant possiblement quelque centenaire t�moin oculaire de l'exp�rience du jeune physicien Pilatre de Rosier, traversant Paris dans la nacelle de son ballon le 21 novembre 1783, purent revivre les principales les principales �tapes de la lib�ration de l'emprise de ce monde �troit.

 

Alexandre Ananoff, membre de la Soci�t� Astronomique de France et fondateur de la F�d�ration internationale d�astronautique (IAF)

Cit� dans Le Figaro du 7 octobre 1957

J�ai �t� extr�mement �mu lorsque j�ai appris l��v�nement. Des amis m�ont t�l�phon� � minuit moins le quart vendredi. Cela a �t� pour moi un choc, bien que je m�y sois attendu depuis quelques ann�es d�j� (�).

Il est �vident qu�on lancera d�autres satellites ; on y mettra sans doute des animaux pour �tudier le comportement � des altitudes tr�s �lev�es qu�on conna�t tr�s mal ; et ensuite l�envoi d�une fus�e automatique vers la Lune.

Les photos seraient int�ressantes mais n�auraient pas d�int�r�t comme on l�a dit au point de vue espionnage ou autre. Ce point de vue-l� doit �tre exclu car on oublie trop que la Terre vue � 900 km pr�sente tr�s peu de choses : c�est une mappemonde et, de plus, les trois quarts de sa surface sont couverts de nuages.

Je crois que si ce satellite a d�tourn� l�attention des gens de la Terre de toutes les questions politiques ou autres pendant ne serait-ce qu�une demi-heure, il aura atteint son but.

 

Contre-amiral Rawson Benett, chef des services de recherche de la Marine am�ricaine

Cit� dans Le Figaro du 7 octobre 1957

A moins que l'engin que les Russes d�clarent poss�der aboutisse � des renseignements scientifiques, il serait permis de la consid�rer comme un morceau de ferraille lanc� dans l'espace, ce que presque n'importe qui pourrait faire.

 

Henry Jackson, s�nateur d�mocrate de l'�tat de Washington

Cit� dans Le Figaro du 7 octobre 1957

La lancement du satellite sovi�tique constitue un coup �crasant port� au prestige scientifique, technique et industriel des USA.

 

Harry Spine, ing�nieur du projet Vanguard chez Martin Co. (licenci� suite � sa d�claration)

Cit� dans L'Humanit� du 7 octobre 1957

Nous savions depuis longtemps dans les milieux sp�cialis�s que les Russes �taient tr�s en avance. Nous avons perdu cinq ann�es, entre 1945 et 1950, parce que personne n'a voulu �couter les sp�cialistes en fus�es. Nous devons rattraper rapidement ce retard, sinon nous sommes morts.

 

John Hagen, directeur du programme am�ricain Vanguard

Cit� dans L'Humanit� du 8 octobre 1957

Nous ne faisons en aucune fa�on la course avec les Russes. Nous ne faisons la course qu'avec notre calendrier de travail.

 

Nikita Khrouchtchev, secr�taire du PCUS

Cit� dans L'Humanit� du 8 octobre 1957

Nous savons que les fus�es sont des armes terribles, impitoyables. Nous ne voulons pas nous servir de cette sup�riorit�. Mais je ne trahirais pas de secret si je r�p�tais ce qu'a d�j� dit le mar�chal Vierchinine : nous sommes entr�s dans une �poque o� les chasseurs et les bombardiers sont bons � mettre au mus�e, parce que les fus�es sont plus efficaces.

Les gens qui portent la responsabilit�s des destin�es de leur peuple devraient r�fl�chir.

Nous sommes pour la comp�tition pacifique, nous avons dans cette comp�tition remport� des succ�s. Notre politique est claire. Notre voie est juste. Et, sur cette voie, nous vaincrons.

 

Fr�d�ric Joliot-Curie, Prix Nobel de physique

Cit� dans L'Humanit� du 8 octobre 1957

Je savais que c'�tait imminent. C'est une grande victoire humaine qui marque un tournant de la civilisation : l'homme n'est plus riv� � sa plan�te. Le satellite nous permettra d'apprendre beaucoup de choses que nous ignorons et d'observer les rayons de tr�s grande �nergie qui ont une origine cosmique ainsi que leurs applications sur la Terre.

Les applications futures sont impr�visibles ; maintenant que l'on sait que cette chose est non seulement possible mais r�alis�e, toutes les imaginations des savants vont travailler. Cet aspect pacifique de la science cr�era une bonne �mulation, � laquelle la France peut prendre part si nous faisons un plus grand effort pour la recherche scientifique.

La prochaine �tape ? Peut-�tre lancer un corps sur la Lune qui d�gagerait une fum�e d'une centaine de m�tres. Et puis, pourquoi pas des scaphandriers ?

C'est une grande aventure. Nous n'avons jamais vu qu'une face de la Lune, pour ma part j'aimerais bien savoir ce qu'il y a de l'autre c�t� !

 

Francis Perrin, haut commissaire � l'�nergie atomique

Cit� dans L'Humanit� du 8 octobre 1957

Cette r�ussite implique une ma�trise de l'ensemble des questions portant sur des domaines extr�mement vari�s : �lectronique, fus�es, etc. C'est certainement une exp�rience d'un tr�s grand int�r�t et une technique d'une importance tr�s remarquable. Il est assez frappant de voir les Russes r�ussir avant les Am�ricains dans ce domaine, car cette exp�rience scientifique indique aussi une ma�trise dans le domaine intercontinental.

 

Jawaharlal Nehru, premier Ministre indien

Cit� dans L'Humanit� du 8 octobre 1957

Je ne pense pas que le lancement du satellite artificiel sovi�tique ait une influence directe sur la guerre ou sur la paix mais il peut r�duire la tension entre l'URSS et les Etats-Unis parce qu'il appara�t plus absurde de parler de guerre et d'armements.

 

Val�rian Krassovsky, chef du d�partement des �tudes atmosph�riques de l'Acad�mie des sciences de l'URSS

Cit� dans Le Figaro du 8 octobre 1957

Nous souhaitons aux savants am�ricains de r�ussir � leur tour � lancer un satellite dans l'espace.

Il est incontestable que les efforts conjugu�s des savants sovi�tiques, am�ricains et des autres pays serviront la science et contribueront en m�me temps � la consolidation de la paix dans le monde.

 

George Reedy, secr�taire du service de presse de la Maison Blanche lors d'une r�union de la commission des Forces arm�es au S�nat le 25 novembre 1957

Nous ne devons plus consid�rer les Russes derri�re nous en mati�re de technologie. Il leur a fallu quatre ann�es pour �tre � notre niveau sur la bombe atomique et neuf mois sur la bombe � hydrog�ne. Aujourd'hui, nous sommes en retard sur eux dans les satellites.

 

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique pr�f�r�e et pourquoi ?

J'ai eu la chance d'�tre le premier � m'arracher de la pesanteur terrestre et de pouvoir admirer votre berceau depuis mon orbite durant 92 jours. Quel spectacle, dommage que je n'�tais pas �quip� d'appareil de prise de vue !

 

  

 

Trajectoire du satellite

 

 

De la m�me mani�re, quel objet spatial retiendriez-vous ?

Je retiens ma fus�e porteuse, la R-7 Semiorka (�galement d�nomm�e 8K71PS et 8A91). Haute de 29 m�tres et lourde de 267 tonnes au d�collage, elle peut embarquer une charge utile de 1 300 kg.

 

   

 

Pr�paratifs de la fus�e R-7 dans sa version missile intercontinental

C'est une sp�cificit� des lanceurs spatiaux sovi�tiques : leur montage est effectu� � l'horizontale.

Remarquez la structure en fagot du lanceur et les nombreuses tuy�res de chaque �tage

 

 

La structure bi-�tages de la R-7 est tr�s originale : elle est constitu�e de quatre acc�l�rateurs dispos�s en fagot autour du corps central qui constituent le premier �tage et d'un corps central qui sert de second �tage. Chaque acc�l�rateur est �quip� d'un moteur RD-107 fonctionnant avec des ergols liquides (oxyg�ne et k�roz�ne). Il d�livre une pouss�e de 1 000 kN (*) et comporte quatre chambres de combustion et quatre tuy�res. Le second �tage est dot� d'un moteur RD-108 de conception analogue mais sa pouss�e est modulable (940 kN au maximum) et le temps de combustion est sup�rieur. Au d�collage, tous les moteurs fonctionnent simultan�ment (ceux des acc�l�rateurs � plein r�gime, celui du corps central � pouss�e r�duite) et fournissent une pouss�e totale de l'ordre de 4400 kN. En fin de combustion, les acc�l�rateurs se s�parent du corps central et la pouss�e du moteur du second �tage atteint sa valeur maximale. Douze petits moteurs verniers assurent le pilotage lors du vol du premier �tage et quatre durant le vol du second �tage.

Modifi�e et d�clin�e en diff�rents mod�les, la R-7 poursuit toujours sa carri�re et constitue la fus�e la plus utilis�e au monde (plus de 1 700 lancements).

 

(*) La pouss�e est fr�quemment exprim�e en tonnes dans la litt�rature, � tort : l�unit� de mesure de la force propulsive g�n�r�e par les moteurs est le Newton (N). Elle correspond en fait � la masse que cette force peut soulever. Une force de 1 000 kN correspond � une masse d�environ 100 tonnes.

 

       

 

Comparaison de la R-7 militaire et civile - La plate-forme de lancement de Spoutnik-1� Ba�konour (Kazakhstan)

 

 

Quel serait votre r�ve spatial le plus fou ?

J'ai para�t-il ouvert l'�re interplan�taire ; j'esp�re que l'humanit� saura suffisamment s'�manciper dans le cosmos pour �tre capable de s'�chapper du Syst�me solaire lorsque celui-ci dispara�tra, du fait de la mort de notre Soleil�

 

 

A la sortie d'une bouche de m�tro � Moscou

Photo Pif

 

 

Merci, B�b�-Lune !

 

 

Dessin Vornan

 

 

La semaine prochaine (lundi 8 octobre 2007) : Vincent Fillion

 

 

Les coordonn�es des invit�s ne sont communiqu�es en aucun cas

 

 

 


O� voir des maquettes de Spoutnik-1 en France ?

(et � l'�tranger, � quelques heures de route de Paris)

 

   

 

Maquettes de Spoutnik-1 pr�sentes � la Cit� de l'Espace de Toulouse et � l'Euro Space Center de Redu

Photos Tezio Cortez et Euro Space Center

 

 

Lieu

Taille

Remarques

Site web

Cit� de l'Espace

Toulouse (31)

1:1

La maquette de l'exposition permanente a �t� r�alis�e en URSS

Une seconde a �t� construite pour l'exposition itin�rante "Cosmomania"

www.cite-espace.com

Mus�e de l'Air et de l'Espace

Le Bourget (93)

1:1

Maquette r�alis�e en URSS

Le signal du Spoutnik se d�clenche lorsque l'on se place en-dessous

www.museedelair.org

Parc aux �toiles

Triel-sur-Seine (78)

1:3

Maquette de parrain du projet "Spoutnik 40 ans"

www.parcauxetoiles.com

La Coupole

Saint-Omer (62)

1:1

Construite pour les 50 ans de Spoutnik-1

www.lacoupole-france.com

Centre culturel spatial r�gional

Sainte-Rose (974)

1:3

Maquette de parrain du projet "Spoutnik 40 ans"

www.science-sainte-rose.net

Euro Space Center

Redu (Belgique)

1:1 et 1:3

Une maquette �chelle 1 � l'ext�rieur du centre

Un mod�le r�duit dans l'exposition �quip� d'un syst�me de bruitage simulant le signal original

www.eurospacecenter.be

Noordwijk Space Expo

(Hollande)

1:1

Maquette r�alis�e en Hollande � la construction du centre

www.spaceexpo.nl

 

 

Au Mus�e de l'Air et de l'Espace de Paris-Le Bourget,

une maquette unique du pas de tir de la fus�e R7 qui lan�a Spoutnik-1

est pr�sent�e aux c�t�s de la r�plique du satellite

 

 

 

 

D�s 1957, l'accord�oniste belge Hector Delfosse

compose le morceau Spoutnik galop.

Andr� Verchuren et Yvette Horner enregistreront

tous deux cet air sur disque l'ann�e suivante.

Collection Jean-Pierre Marie (www.andre-verchuren.com)

 

Lanc�s en 1962 par la reprise instrumentale du classique

am�ricain Orange Blossom Special de Johnny Cash,

le groupe su�dois The Spotnicks (rock instrumental)

s'affiche avec de rutilants costumes d'astronautes.

Chacun de ses concerts d�bute par The Spotnicks Theme,

morceau qui sera notamment repris

par le groupe fran�ais Les Lionceaux.

 

 

 

Devant le succ�s de la com�die A pied, � cheval et en voiture, sorti en salles en septembre 1957, une suite est programm�e.

Intitul�e A pied, � cheval et en Spoutnik, elle sort un an plus tard.

L'histoire s'articule autour d'un amn�sique

qui r�cup�re un chien revenu de l'espace�

 

En d�cembre 1957, les �ditions Artima � Tourcoing lancent

un nouveau magazine de bande dessin�es "r�cits complets"

de science-fiction : Spoutnik

(notez la forme du "o" dans le titre).

Il reprend les histoires des premiers num�ros

de la revue M�t�or, qui continue de para�tre jusqu'en 1967.

La carri�re Spoutnik s'arr�tera en revanche en 1960.

 

 

Ce fromage produit en Mayenne -probablement dans les ann�es 60- permet la rencontre

entre "spatiophiles" et tyros�miophilistes (collectionneurs d'�tiquettes de fromage)

Collection Maison Leforestier

 

 

 

Un bel hommage pour les 40 ans de Spoutnik-1 : le projet Spoutnik 40 ans

 

Initi� en 1996, le projet "Spoutnik 40 ans" consistait � faire construire par des jeunes un mod�le r�duit du Spoutnik (�chelle 1/3) et le faire lancer par un cosmonaute au cours d'une sortie extrav�hiculaire, en vue de c�l�brer les 40 ans de la conqu�te spatiale. Des coll�giens de La R�union se sont vu confier la partie �lectronique (avec le soutien de l'AMSAT-France), tandis que des coll�giens russes de Naltchik (qui avaient d�j� r�alis� une reproduction de la fus�e de Tsiolkovski, lanc�e dans l'espace par le cosmonaute Alexandre Serebrov) se sont occup�s de la partie m�canique. En plus de 4 mod�les de vol (3,5 kg pour un diam�tre de 20 cm), 16 maquettes d'exposition ont �t� r�alis�es pour les partenaires de l'op�ration.

 

   

 

Maquette du Spoutnik 40 ans expos�e au Parc aux �toiles de Triel-sur-Seine

 

 

Le premier mod�le (ainsi qu'un exemplaire de rechange) a rejoint la station Mir le 8 octobre 1997 � l'aide du Progress M-36. Baptis� PS-2 (en hommage au nom de code originel de Spoutnik-1, PS-1 ou "satellite le plus simple n�1"), il a �t� lanc� � la main par Pavel Vinogradov lors de la sortie en scaphandre du 3 novembre suivant. Son coll�gue Anatoli Soloviev a film� le lancer. Le mini-satellite �volua ainsi � 300 km d'altitude, une dizaine de minutes devant Mir.

 

      

 

Pavel Vinogradov et Anatoli Soloviev se pr�parent � leur sortie hors de la station Mir le 3 novembre 1997

Lancer du Spoutnik 40 ans

 

 

Equip� d'un petit �metteur de 200 mW et de 4 antennes de 50 cm, PS-2 (devenu RS-17, pour "Radioamateur Spoutnik n�17") a �t� entendu en France d�s la fin de sa premi�re orbite. Si le signal �mis en FM dans les bandes de fr�quences amateur (� 145,825 Mhz) n'�tait qu'un simple "bip-bip" comme pour le premier Spoutnik, sa tonalit� �tait proportionnelle � la temp�rature interne du satellite. Celle-ci oscilla entre 10�C et � 40�C, en fonction de l'ensoleillement. Les batteries (non rechargeables) s'�puis�rent en 57 jours et le signal s'interrompit le 29 d�cembre 1997. 360 radioamateurs du monde entier avaient pu l'entendre. PS-2 br�la dans l'atmosph�re le 21 mai 1998, apr�s 199 jours pass�s sur orbite.

 

 

Le russe cosmonaute Pavel Vinogradov, accompagn� d'un jeune �tudiant kazakh, remet une maquette du Spoutnik 40 ans au directeur du Mus�e de l'Air et de l'Espace Jean-Paul Siffre en avril 1999.

Photo Jacques Bouvier

 

 

Les projets Spoutnik 41 ans et Beatnik

 

Afin de c�l�brer l'Ann�e internationale de l'espace 1998 et le centenaire de l'A�ro-Club de France (partenaire de l'op�ration "Spoutnik 40 ans"), un nouvel exemplaire de PS-2 fut assembl� et mont� � bord de Mir le 25 octobre 1998 l'aide du Progress M-40. Son lancement, toujours � la main, intervint lors de la sortie du 10 novembre 1998. "Pousse-le doucement vers la Lune" aurait conseill� Gennadi Padalka � Sergue� Avde�ev. Spoutnik-41 (ou RS-18) contenait cette fois plusieurs messages audio enregistr�s en fran�ais, en anglais et en russe, lus par des coll�giens et des adultes. L'autonomie se trouvant ainsi r�duite, le signal ne fut �cout� qu'un mois, jusqu'au 10 d�cembre 1998.

 

Le 4 avril 1999 enfin, un troisi�me mod�le r�duit du Spoutnik fut livr� � la station Mir par le Progress M-41. Mais cette fois, il �tait destin� � une op�ration commerciale mise en place par une c�l�bre marque de montres suisse qui lan�ait un nouveau mod�le sur le march� (le mini-satellite devait diffuser des messages post�s par des internautes sur le th�me du "beat", du nom du produit en question). Devant le refus des radioamateurs de voir les ondes utilis�es � des fins mercantiles, les Russes pr�text�rent avoir besoin de la batterie du satellite pour d�panner une imprimante de Mir (!) et le Fran�ais Jean-Pierre Haigner�, qui lan�a l'engin lors de sa sortie du 16 avril avec Viktor Afanassiev, n'enclencha pas son syst�me d'�mission. Le "Beatnik" (�galement d�nomm� Spoutnik-99 ou RS-19) tourna donc muet autour de la Terre jusqu'au 29 juillet 1999.

 

 

Viktor Afanassiev et Jean-Pierre Haigner� hors de Mir le 16 avril 1999.

Le Spoutnik-99 attend son lancement au bout du mat, en haut � gauche de l'image,

rang� dans un sac de protection vert (on distingue ses 4 antennes qui en sortent).

Photo CNES/Jean-Pierre Haigner�

 

 

L'aventure du projet "Spoutnik 40 ans" a donn� naissance � un livre, trilingue (anglais, fran�ais et russe), r�dig� par Guy Pignolet de Sainte Rose. Il est t�l�chargeable gratuitement sur le site www.science-sainte-rose.net. La vid�o du lancement de PS-2 s'y trouve �galement.

 

 

 

 

Cliquez ici

pour conna�tre les comm�morations pr�vues

 

Cliquez l� pour (r�)�couter le son du Spoutnik

Retrouvez un reportage de l'�poque sur le site de l'INA