Précédente invitée : Marie-Michèle Martinet

 

LES INVITES DU COSMOPIF

 

N°347 (lundi 23 janvier 2012)

 

Dr Chris Welch

Directeur des programmes de maîtrise de l’International Space University

www.isunet.edu/index.php/academic-information/resident-faculty/942-christopher-welch
http://twitter.com/drchriswelch

 

 

 

Qui êtes-vous, Dr Chris Welch ?

Je suis né en 1959. Mon père était médecin et nous avons déménagé à plusieurs reprises lors de mes dix premières années. Nous nous sommes finalement installés près de Douvres, dans le sud-est de l'Angleterre. Quand la météo était bonne, je pouvais voir Calais de ma chambre.

Je vis aujourd’hui en France, depuis que je suis devenu directeur des programmes de maîtrise à l'Université spatiale internationale à Strasbourg.

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Je me suis intéressé très jeune à l'espace et ai été un astronome amateur passionné quand j'étais adolescent. Lorsque je suis allé à l'université, j'ai étudié la physique puis ai suivi une maîtrise en physique de l'espace, avant de devenir assistant de recherche et travailler sur les résultats des sondes européennes Giotto et Ulysse, respectivement lancées vers la comète de Halley et le Soleil. Tout en travaillant sur ces missions, j'ai commencé à m'intéresser de près à la conception et la construction de vaisseaux spatiaux, ainsi qu’à des sujets connexes. J’ai ainsi orienté ma thèse de doctorat vers les applications de la propulsion électrique. Je suis ensuite devenu un universitaire à temps plein, enseignant l'astronautique et la technologie spatiale à l’Université de Kingston de 1988 à fin 2010.

Lorsque j'étais doctorant, j'ai rencontré deux des fondateurs de l'International Space University (ISU) et leur ai par la suite apporté mon appui sur différents projets. Je suis très heureux d’avoir été en mesure de prendre un poste permanent à l'ISU au début de l’année 2011.

En 1991, j'ai été candidat astronaute pour la mission spatiale anglo-soviétique Juno à destination de la station Mir et ai eu la chance de faire partie des vingt finalistes, aux côtés d’Helen Sharman.

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

L'espace est ma principale passion ! Et cette passion est bien plus large que ma carrière de chercheur-ingénieur. Parfois, je dis que je suis avant tout un "spacist". Je suis particulièrement intéressé par l’éducation et la sensibilisation à l'espace, ainsi que par les aspects culturels. Je suis impliqué dans de nombreuses activités bénévoles. Par exemple, je suis président du groupe YuriGagarin50, membre du conseil d’administration de la British Interplanetary Society, membre de plusieurs commissions de l’International Astronautical Federation, membre du comité exécutif de la World Space Week Association, membre de l'Arts Catalyst, etc. Je dois faire quelque chose de bien, je crois, parce qu’en 2009 j’ai reçu le Prix Sir Arthur C. Clarke pour l'éducation spatiale.

Mes autres principaux hobbies sont la photographie et la poésie.

 

Quelle anecdote personnelle ou souvenir fort lié à la conquête spatiale souhaiteriez-vous nous faire partager ?

En juillet 1969, ma famille était en vacances en Autriche. Dans la nuit, mon père m'a réveillé pour écouter en direct l'atterrissage sur la Lune à la radio et m’a expliqué ce que cela signifiait pour la race humaine. C'est probablement l’un des moments les plus formateurs de mon enfance et c’est celui qui m'a mis sur le chemin où je suis aujourd'hui.

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

"Pale Blue Dot" est mon image spatiale préférée. C'est une photographie de la Terre prise en 1990 par la sonde américaine Voyager 1, à une distance de 6 milliards de kilomètres. La Terre apparaît comme un point minuscule dans l'immensité de l'espace. Le commentaire de Carl Sagan met vraiment les choses en perspective et, pour moi, explique pourquoi il nous faut explorer l'espace.

 

   

 

 

De la même manière, quel objet spatial vous fascine-t-il ?

Le vaisseau Vostok 1 de Youri Gagarine est mon objet spatial favori -le premier véhicule à avoir emporté un homme dans l'espace en 1961.

 

 

 

Que vous évoque le vol de Youri Gagarine ?

Comme mentionné plus haut, j'ai été le président du groupe britannique YuriGagarin50 qui a encouragé les initiatives destinées à célébrer le 50e anniversaire du premier homme dans l’espace. Une très large gamme d'événements a eu lieu pour marquer cet anniversaire très important. Celui qui fut le plus amusant pour moi, personnellement, a été le "Yuri Walk", une "orbite" de 108 minutes réalisée autour du centre de Londres, c’est-à-dire exactement de la même durée que le vol de Gagarine, 50 ans auparavant.

 

 

 

L'événement mondial qui a eu le plus d'impact et dans lequel j'ai été impliqué a été First Orbit, la reconstitution du vol de Gagarine par le cinéaste britannique Chris Riley à l’aide des images vidéo prises par l’astronaute Paolo Nespoli durant une orbite complète autour de la Terre à partir de la station spatiale internationale. Le film a été regardé plus de trois millions de fois sur YouTube !

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

Mon rêve le plus fou serait de construire un "jardin zen" sur la Lune.

 

 

Merci, Dr Chris Welch !

 

Interview réalisée par mail et en français en janvier 2012

 

 

 

Prochain invité (lundi 30 janvier 2012) : Jean-Luc Wibaux

 

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas

 

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