L'invité de la semaine dernière : Nicolas Bernard

 

LES INVITES DU COSMOPIF

 

N°66 (lundi 25 avril 2005)

 

Nicolas Verdier

Ingénieur Système à la sous-direction Intégration & Ballons du CNES

www.cnes.fr

 

 

Photo P. Dumas/CNES

 

 

Qui êtes-vous, Nicolas Verdier ?

Je suis né le 16 janvier 1972 à Avranches, dans la Manche. Je suis Toulousain depuis 1995, marié père de 2 (et bientôt 3) enfants et Ingénieur Système à la sous-direction Intégration & Ballons du CNES.

 

 

Lâcher de ballon du CNES à Kiruna, en Suède

CNES

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Ma passion pour l'espace m'a conduit à m'investir très tôt à Planètes Sciences. Ingénieur diplômé de l'école supérieure d'électronique de l'ouest (ESEO) à Angers, j'ai décidé de me rapprocher du pôle aéronautique Toulousain en 1995 pour suivre un DEA en microélectronique à Sup'Aéro. Employé parallèlement à Planète Science pour coordonner l'opération "Un ballon pour l'école", j'ai pu saisir une opportunité d'emploi au CNES au sein du département Education-Jeunesse chargé de promouvoir les activités spatiales auprès des plus jeunes aux côtés de Marcel Lebaron. Pendant trois années, j'ai essayé de développer le coté technique et expérimentale de l'activité (campagnes 0G, expérience pédagogiques à bord de Mir, organisation des campagnes de lancement, développement d'un véhicule itinérant dédié aux télémesures).

Après ces débuts atypiques, j'ai rejoint la division ballons en 1999 où l'on m'a confié le développement des systèmes Télémesure Télécommande de nouvelle génération. Récemment, mes activités se sont étoffés à travers des responsabilités système sur les petit aérostats pressurisés. Les campagnes de ballons m'emmènent régulièrement à voyager à travers le monde, de Aire-sur-l'Adour et Gap dans le Sud de la France à Kiruna en Suède en passant par la Russie. ou plus récemment les Seychelles !!!

 

 

A quelques encablures du cercle polaire en mars 2003

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

Quelle question ! L'espace bien sûr mais avec une petite préférence pour l'activité ballon assez peu connue mais très riche du point de vue scientifique. Ma passion pour l'espace date du premier vol d'Ariane. J'avais seulement 7 ans mais je me souvient encore de cet instant où j'ai vu cet objet s'élever dans les airs. Je suis incapable d'expliquer ce qui m'a plu dans ce moment. Son intensité, peut-être. Doit-on vraiment chercher une explication à cet engouement ? Passion rime souvent avec déraison !

Vivre pleinement sa passion n'est pas forcément facile surtout quand on en fait son métier. La limite travail-loisir devient ténue et peut être difficile à vivre pour l'entourage. Paradoxalement, je pense aujourd'hui qu'il faut mieux dissocier les deux quand on est vraiment passionné car on est nécessairement idéaliste et le milieu professionnel réserve souvent quelques désillusions.

 

 

24 décembre 1979 : lancement réussi de la première Ariane (L01) depuis le centre spatial guyanais
CNES

 

 

Quelle anecdote personnelle ou souvenir fort lié à la conquête spatiale souhaiteriez-vous nous faire partager ?

Sur le plan professionnel, les anecdotes sont nombreuses, surtout dans le petit monde des ballons ou il se passe toujours quelque chose d'inédit. Cependant, mon meilleur souvenir reste sans conteste la mission Perseus de Jean-Pierre Haigneré à bord de la station Mir en 1999. J'étais à l'époque responsable des 10 kg d'expériences pédagogiques réalisés par des étudiants et des lycéens. Nous avions lancé un appel à idées pour sélectionner les 10 établissements scolaires qui aurait la chance de construire "un objet qui irait dans l'espace". Tous ont été à la hauteur, bravant avec détermination toutes les étapes difficiles d'un projet spatial. Cette opération s'est déroulée sur trois ans et m'a permis de lier de nombreuses relations amicales avec les élèves et les enseignants. Mon souvenir le plus fort est une lettre d'un enseignant qui me remerciait pour cette expérience et m'indiquait que ses élèves avaient été transformés par cette expérience. Cette lettre fort touchante me fit prendre conscience de l'importance d'un travail éducatif que je considérais plutôt comme un amusement. J'avais passé le relais.

 

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

Je choisis cette image de l'objet céleste le plus important pour la vie sur Terre prise par un objet complexe issu de l'imagination de l'homme : l'observatoire européen du Soleil Soho.

 

 

ESA

 

 

De la même manière, quel objet spatial vous fascine-t-il ?

La fusée Diamant est ma préférée : elle est très belle et symbolise le savoir-faire français, un travail d'équipe à échelle humaine.

 

Lancement depuis la Guyane du satellite Péole le 12 décembre 1970 par une fusée Diamant B

CNES

 

 

Que vous évoque le vol de Youri Gagarine ?

Le vol de Gagarine, c'est le début d'une grande aventure humaine et technique.

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

Comme pour de nombreux passionnés qui n'ont pas vécu le premier homme sur la Lune, je pense à l'homme sur Mars. Sur le plan professionnel, j'aimerais développer la nacelle du premier ballon martien.

 

 

L'homme sur Mars selon Ralf Schoofs

 

 

Merci, Nicolas Verdier !

 

Interview réalisée par mail en janvier 2005

 

 

Au Pic du Midi de Bigorre en juillet 1995 pour une campagne de qualification de l'émetteur Kiwi

avec Régis Plateaux (suiveur technique des clubs Espace de l'ANSTJ), Catherine Verdier et Pif

 

 

L'invité de la semaine prochaine (lundi 2 mai 2005) : Frédéric Bouchar

 

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas

 

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