L'invité de la semaine
dernière : Oleg Kotov
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°321
(lundi 2 mai 2011)
Scott Stevenson
Producteur
de vidéos sur Internet
http://d.ro/

Scott Stevenson en pleine éclipse totale de Soleil le 29 mars 2006
sur le site archéologique de Side, au Sud de la Turquie
Photo Pif
Qui
êtes-vous, Scott Stevenson ?
Je suis né à Santa Rosa en
Californie en 1971 et y ai suivi toute ma scolarité. J'ai étudié l'ingénierie
électronique durant deux ans au Santa Rosa
Junior College avant de lancer
mon entreprise sur Internet. J'ai d'abord développé des sites web, me suis
spécialisé dans les logiciels de bureau et la gestion puis
me suis tourné vers la production de vidéos pour le web. Je me considère
comme un autodidacte dans tout ce que j'entreprends (j'ai commencé à apprendre par
moi-même à programmer des ordinateurs sur un Apple
II vers l'âge de 9 ans).
J'ai émigré vers Paris en
mars 2000 mais retourne souvent aux Etats-Unis, où je séjourne parfois pendant
durant un mois complet. Je
suis célibataire et j'aime les voyages, regarder des documentaires, le
jonglage, l'apprentissage d'autres langues, participer à des forums en ligne,
faire des projets électroniques, constuire et piloter des hélicoptères
télécommandés, manipuler des lasers...
Quel a
été votre parcours professionnel ?
J'ai commencé à travailler en tant
que développeur de sites web en 1999. J'ai d'abord concentré mon travail sur
l'optimisation de moteur de recherche (ou SEO, pour Search engine Optimization)
afin de mettre en place et d'utiliser des méthodes qui permettent d'obtenir le
meilleur placement de sites dans les requêtes de moteurs de recherche. Je me
suis ensuite éloigné du SEO, utilisant mes connaissances en PERL et HTML ainsi
que ma maîtrise de Photoshop pour le développement de sites web. Enfin, je me
suis lancé dans la réalisation de vidéos populaires pour le web qui mettent l'accent sur la
science et la technologie. Mes dernières créations concernent un hélicoptère
radiocommandé, la galaxie M51 et
la taille des grandes éruptions solaires. Il
s'agit d'expliquer simplement des phénomènes parfois complexes.

Quelle
est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?
Je suis passionné par la création.
Issu de deux parents artistes, j'ai été entouré par elle durant mon
enfance et ai toujours été encouragé par mes parents à faire preuve de
créativité. Celle-ci s'est exprimée chez moi à travers un intérêt pour la
science et la technologie.
Quelle
anecdote personnelle ou souvenir fort lié à la conquête spatiale
souhaiteriez-vous nous faire partager ?
Trois événements
liés à la navette spatiale me viennent à l'esprit. Tout d'abord, je pense à son
premier vol dont nous avons suivi le lancement
en direct à la télévision depuis mon école primaire en avril 1981. J'ai ensuite
été très choqué par les accidents des navettes Challenger en janvier 1986 (avec
l'enseignante Christa McAuliffe) et Columbia en février 2003.
J'ai également le souvenir ému d'avoir été à Los Angeles en 2007 ou 2008
au moment de la rentrée atmosphérique d'une navette et d'avoir pu entendre les
bangs soniques de la navette à l'approche de la base d'Edwards.

Il y a 30 ans déjà, le 12 avril 1981...
Quelle
serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?
Mon image préférée sera une image de l'éclipse totale de Soleil de mars
2006. Cela est dû au fait que c'était la première éclipse totale que j'ai pu
voir et au profond effet qu'elle a eu sur moi émotionnellement. Avoir voyagé jusqu'à Side en Turquie depuis Paris pour
l'occasion a rendu l'expérience d'autant plus mémorable.

L'éclipse totale de Soleil du 29 mars 2006 suivie depuis Side, en
Turquie
Photo Jacques
Thiebaut
De la
même manière, quel objet spatial vous fascine-t-il ?
La galaxie du Tourbillon M51 me fascine. La quasi
perfection de sa spirale entraîne mon imagination et me laisse croire à une vie
ailleurs dans notre Univers ; de même que les structures massives d'autres
galaxies comme M51, si faciles à voir avec leurs milliards de corps célestes.

NASA,
Hubble Heritage Team, (STScI/AURA), ESA, S. Beckwith (STScI). Additional
Processing: Robert Gendler
Que
vous évoque Youri Gagarine ?
J'ai grandi à une époque où aux États-Unis presque tout ce qui provenait d'URSS était hélas encore minimisé en raison de la Guerre froide entre nos deux pays. D'autre part, ma vie n'a commencé que peu de temps après le premier pas sur la Lune et donc seul l'exploit
américain a été souligné dans mon éducation. Je me souviens en effet que mes leçons à l'école portaient sur Neil Armstrong mais non sur Youri Gagarine. Ce n'est que bien plus tard dans ma vie d'adulte que j'ai pu découvrir et apprécier
pleinement quel rôle avait joué Gagarine.
Quand j'ai
compris qu'il fut la première personne placée sur orbite autour de la Terre, j'ai aimé l'idée que les Russes aient choisi un homme commun, quelqu'un d'un milieu modeste.J'ai trouvé ce choix tellement approprié à un acte historique capital, qui permet au citoyen moyen de notre planète se rendre compte que Gagarine était "l'un des nôtres" et non un individu au statut extraordinaire.
J'ai
également aimé la légende qui raconte que tous les candidats cosmonautes
soviétiques votèrent pour Gagarine lorsqu'on leur demanda qui parmi eux
méritait de voler le premier. Je crois enfin que nous avions beaucoup à apprendre de lui mais sa mort prématurée en 1968 nous a définitivement privés
de son point de
vue unique.
Quel
souvenir gardez-vous de la nuit du 20 au 21 juillet 1969 ?
Aucun !
Malheureusement, je n'existais pas encore. Mais,
comme je l'expliquais à l'instant, l'événement a en revanche été présent durant
toute mon éducation.
Quel
serait votre rêve spatial le plus fou ?
J'aimerais faire partie d'un voyage vers Mars, une autre planète dans
notre système solaire. Ce serait un tel honneur de faire partie de cette
mission historique !
Merci, Scott Stevenson !
Interview réalisée par mail en mars 2011.
Traduit de l'américain par Pif avec l'amical soutien de Benjamin Sebag.

Pif et Scott devant le temple Apollon de Side en mars 2006
La
semaine prochaine (lundi 9 mai 2011) : Elisa Cliquet
