L'invité de la semaine
dernière : Yves Gourinat
LES
INVITEES DU COSMOPIF
N°237 (lundi 18 mai 2009)
Première Anglaise de l'espace

En juin 1989, alors que j'étais
chimiste chez le chocolatier Mars à Slough, j'ai entendu une annonce à la radio
un soir en rentrant chez moi : Astronaut wanted - No experience
necessary (Recherchons astronautes - Pas d'expérience particulière
nécessaire). Les seules conditions requises étaient d'être Anglais, âgé de 21 à
40 ans, de posséder un bagage scientifique, d'être capable d'apprendre une
langue étrangère et d'avoir une bonne condition physique. Jamais jusqu'alors je
n'aurais imaginé qu'une telle opportunité soit possible pour nous en Angleterre
–vous étiez déjà combien en France, à avoir séjourné dans l'espace ? Il
n'y avait encore jamais eu d'Anglais dans l'espace. Mais j'ai quand même tenté
ma chance et ai pu être sélectionnée et voler…
Je me
souviens de l'impesanteur et de l'amitié de tous les gens autour de nous, avec
qui nous avons partagé tous ces moments intenses et qui ont permis le succès de
la mission.

Je
pense au vol de Iouri Gagarine, le 12 avril 1961, qui a engendré de
nombreuses traditions, en particulier la veille des lancements ; tous
ensemble, on regarde notamment un vieux film russe, Le Soleil blanc du
désert.

Je
choisis le vaisseau Soyouz. Il m'a servi de maison durant les
deux premiers jours de mon vol puis est devenu mon canot de sauvetage
lorsque j'étais à bord de la station Mir. Lorsque mon siège a été transféré du
Soyouz TM-12 vers le Soyouz TM-11, même si cela n'a duré que quelques minutes,
j'ai espéré à ce moment qu'il ne se passe vraiment rien car je n'avais alors
plus de refuge !

Helen Sharman dédicaçant une maquette de Soyouz
lors de la manifestation Autographica 13 à Birmingham
en avril 2009
Photo Didier Capdevila
J'avais
6 ans à l'époque et je dois dire qu'au départ l'événement ne m'a guère
intéressée : je voyais certes des images à la télévision mais elles
ressemblaient à des dessins animés. Mon père m'a alors emmenée dans le jardin
pour m'expliquer que des hommes étaient en train de marcher sur la Lune pendant
qu'il me parlait ; j'ai alors compris ce qui se passait…
J'aimerais voir la poursuite de la
collaboration internationale dans l'espace, qui est difficile quand on connaît
les différences de culture ; il y a une grande différence entre la culture
russe et la culture anglaise, entre les Américains et les Russes, les Européens
et aussi les Japonais. Mais l'association réussie de ces différences est la clé
du futur, elle permet d'obtenir le meilleur.
Merci, Helen
Sharman !


La semaine
prochaine (lundi 25 mai 2009) : Sylvain Rivaud