L'invité de la semaine dernière : Rémy Decourt

 

LES INVITES DU COSMOPIF

 

N°188 (lundi 14 avril 2008)

 

Olivier Savin

Chef de projets d'études amont chez Dassault Aviation

 

 

 

Qui êtes-vous, Olivier Savin ?

Je suis ingénieur aérospatial, passionné d’espace, de physique et d’histoire, célibataire vivant à Suresnes, après être passé par Paris (et sa région) où je suis né, Toulouse et Kourou pour les études, re-Paris pour les études et le service national, San Francisco, Los Angeles et re-re-Paris, occupant mon temps à visiter la France, voler (avion et paramoteur) et étudier la physique...

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Apres un diplôme d’ingénieur Sup’Aero option Espace en 1994, un DEA d’astrophysique en 1996 et un Master d’Astronautics à Stanford en 1997, j’ai commencé ma carrière à Los Angeles chez l'équipementier aérospatial Honeywell. J'ai travaillé dans la division "Systèmes de plate-formes" à la conception de systèmes de support-vie et de génération électrique pour véhicules spatiaux habités : système de conditionnement du module européen Columbus de la station spatiale internationale, piles a combustible pour (feu) le X33 et RLV, entre autres... Après un passage chez General Electric, pour participer au montage de l’activité "Piles a combustible" en 2002, je suis rentré en France en 2003 pour intégrer la direction Systèmes Avion de Dassault-Aviation où je suis depuis en charge de projets d’études amont dans le domaine de l’énergie.

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

L’espace est devenue ma passion première le jour où j’ai maintenu mon regard vers un ciel étoilé. Je devais avoir 4-5 ans. Dépasser le vertige de ma prise de conscience de notre petitesse d’humains est alors devenu vital ! Depuis, je me suis constamment efforcé d’en savoir le plus possible sur l’Univers, son fonctionnement, son contenu, les moyens de "s’en approcher"... Mes choix académiques ont donc finalement été assez simples : j’ai su très tôt que je voulais faire carrière dans un domaine qui me permettrait d’en savoir plus et de contribuer (modestement) a "pousser l’enveloppe" des limites de l’exploration humaine du ciel. Et au-delà de mon parcours académique et de ma carrière professionnelle, je me suis impliqué dans diverses activités où j’ai rejoint d’autres passionnés passionnants : le Cosmos Club de France et l’ANSTJ (devenue Planète Sciences) par exemple où j’ai pu prendre part au montage et au suivi d’expériences "jeunesse" destinées à voler à bord de la station Mir en 1996, à l'occasion de la mission franco-russe Cassiopée. Je me suis moi-même prêté au jeu de l’expérimentateur puisque j’ai eu la chance d’être sélectionné pour faire voler en vols paraboliques une expérience de physique de mon invention. Aujourd’hui, en-dehors de mon travail, je n’hésite pas, à mes heures perdues, à approfondir mes connaissances, par l’étude de la physique, pour toujours tâcher de mieux comprendre ce qui se cache là-haut...

 

Quelle anecdote ou souvenir fort souhaiteriez-vous nous faire partager ?

Je retiens cette nuit de juin 1994 où j’ai assisté à mon premier lancement de fusée. En stage au Centre spatial guyanais de Kourou, j’étais alors affecté à l’équipe en charge d’assurer la sauvegarde des sites publics d’observation du lancement. Mon collègue et moi roulions en 4x4 en pleine nuit sur une piste au milieu de la forêt guyanaise et de ses bruits inquiétants quand, au détour d’une courbe, j’ai vu scintiller au loin le pas de tir ELA2 avec une fusée Ariane 4 dressée au milieu, illuminée, attendant sa mise à feu quelques minutes plus tard...

 

 

Le lancement de la fusée Ariane 44LP (vol V64) le 17 juin 1994

a permis la mise à poste du satellite Intelsat 702

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

Je choisis ces images des anneaux d’Einstein : quand les prévisions scientifiques déduites de lois physiques et sorties du cerveau de l’homme (certes, pas n’importe lequel...) se révèlent exactes et sont observées 80 ans après par une machine, elle aussi sortie du cerveau de l’homme !

 

 

 

De la même manière, quel objet spatial retiendriez-vous ?

Je retiens la navette spatiale Columbia, que j’avais pu voir de près au centre spatial Kennedy au point de pouvoir la toucher et de me dire : "Ces tuiles [de protection thermique] bardées de traces d’impacts me semblent bien malmenées... Voila donc la marque de ce qu’elles endurent lors d’une rentrée atmosphérique, et tout ça tient le coup !"

 

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

J'aimerais marcher sur la Lune en 2025...

 

Que représente pour vous le personnage de Youri Gagarine ?

Gagarine fut le pionnier : il a pris sur lui tout le courage, la compétence, la sérénité du premier éclaireur pour ouvrir la voie, non seulement à ses successeurs professionnels, mais à l’humanité toute entière !

 

Que représente pour vous la station Mir ?

Mir fut une bien belle machine qui a permis d’établir les bases de la connaissance sur les missions habitées de longue durée...

 

Que représente pour vous Spoutnik-1 ?

Bip-bip !

 

 

Merci, Olivier Savin !

 

Interview réalisée par mail en avril 2008

 

 

 

La semaine prochaine (lundi 21 avril 2008) : Paolo Nespoli

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas

 

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