L'invité de la semaine
dernière : Philippe Willekens
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°11
(lundi 9 février 2004)
http://spatial.forumdediscussions.com/forum.htm

Patrick nous a quittés le 17 septembre
2009, après un long et courageux combat contre le cancer. Nous retiendrons son
immense passion pour l'espace, en particulier la littérature des précurseurs
-dont l'œuvre d'Alexandre Ananoff- et les débuts de l'espace soviétique,
toujours intacte depuis plus de 50 ans.
Je me souviendrai en outre longtemps du
passionnant débat que nous avions organisé ensemble au Musée de l'Air et de
l'Espace du Bourget en septembre 2003 sur l'avenir des vols habités, en
présence d'un plateau prestigieux.
So
long, Papy!
Pif

Le célèbre avatar de Patrick Roger-Ravily (pseudo :
Patrick R7)
Qui êtes-vous, Patrick Roger-Ravily ?
Né en 1945 à Enghien-les
bains (95), marié, et père de deux grands enfants, je suis décorateur,
cyberdépendant, passionné d'astronautique mais également de peinture et de
livres. Mes paysages urbains américains sont visibles sur www.patrick-ravily.com.
Chimiste
dans la recherche pharmaceutique durant 20 années, j'ai ensuite créé une
société d’images de synthèse avant de devenir constructeur de décors de cinéma.
Pour
ce qui concerne l’astronautique, j’ai eu 12 ans le jour du lancement de
Spoutnik-1, c’est-à-dire que j’ai débarqué dans l’âge adulte en même temps que
la conquête spatiale. Quelques années auparavant, mon père m’avait rapporté L’astronautique
d’Alexandre Ananoff qu’il avait emprunté à la bibliothèque du ministère où il
travaillait. Cette lecture m’a marquée pour toujours (j’ouvre ce livre au moins
une fois par semaine). Et puis, à 17 ans, j’ai "croisé" Youri
Gagarine alors que j’étais secrétaire général du Club Spatial International [un club de jeunes qui construisait des
fusées au Plessis Robinson et qui fut, comme Gagarine, récompensé par le Prix
Galabert en 1963], ce qui fait que l’astronautique est devenue une
seconde nature.
Aujourd’hui,
grâce à Internet, j’ai pu nouer des liens dans le milieu astronautique et avoir
accès à des informations que je n’aurais jamais obtenues auparavant et j’ai
"replongé" de plus belle en espérant maintenant, avec plus de temps
disponible, pouvoir développer des conférences et des rencontres autour de
cette activité.
Cette
découverte de L'astronautique d’Ananoff, la rencontre d’Albert Ducrocq
en 1962, celle de Gagarine en 1963 et cette atmosphère des années soixante avec
le suspens des grandes premières et cet aspect de réelle découverte, que l’on a
du mal à retrouver aujourd’hui.

Je
retiens cette très médiocre et absurde illustration découpée dans grand
quotidien du soir que lisait mon père (L'Intransigeant
ou France Soir, je ne sais plus), en
septembre 1959. C’était à peu près tout ce qu’on avait à se mettre sous la dent
comme image pour s’imaginer l’arrivée de Lunik-2 qui fut un événement que l’on
a du mal à appréhender aujourd’hui. Depuis le temps que l’homme regardait la
Lune, on venait d’y établir un contact matériel.

Sinon,
il y a cette deuxième image avec Valéry Poliakov qui regarde au travers du
hublot de la station Mir. Cette photo représente pour moi la quintessence du
pourquoi il faut aller dans l’espace.

Je
retiens la fusée R-7/Sémiorka/Soyouz : la fusée qui a vécu toute la
conquête spatiale.

La fusée Sémiorka ne fut dévoilée au grand public qu'à l'occasion du
Salon du Bourget 1967.
Papy Patrick y était !
Photo P. Roger
Youri Gagarine, c'est ma plus
belle poignée de mains. En 1962, âgé de 17 ans et demi et secrétaire général du
Club Spatial International de Plessis Robinson, j'étais à la recherche de
financements pour la construction de notre fusée dénommée… Europa-1. Habitant à
Versailles et ayant appris l'adresse d'Albert Ducocq qui y vivait également,
j'essayai de rencontrer le journaliste. Celui-ci accepta très volontiers de me
recevoir et, probablement convaincu devant notre enthousiasme, il intercéda en
notre faveur auprès de son ami Henry Galabert, industriel, mécène et passionné
d'astronautique, qui avait créé le Prix Galabert International d'Astronautique
destiné à récompenser les pionniers de l'astronautique. Ce prix fut décerné en
mars 1963 à Youri Gagarine, John Glenn, Léonide Sédov (faux patron supposé de
l'astronautique soviétique, Sergueï Korolev n'étant alors pas encore connu),
Ary Sterneld, Alla Masévitch et… le Club Spatial International. La remise du
prix, d'un montant de 5 000 francs (somme élevée pour l'époque), eut lieu à
l'Hôtel Lutecia à Paris en septembre 1963. John Glenn ne vint pas mais Youri
Gagarine oui. Je me souviens de Gagarine et des poignées de mains devant les
photographes, le repas (mauvais par ailleurs, les haricots verts étaient
desséchés)... Pour un gamin de 17 ans et demi, ça marque une vie !

Albert Ducrocq et Youri Gagarine au Lutecia en 1963
Et
irréalisable : voir et entendre Glenn Gould interpréter les variations
Goldberg dans une salle de concert spatiale avec une baie vitrée sur l’espace
et la Terre (comme dans le film Le cinquième élément de Luc
Besson) !


La diva Lucia Di Lammermoor en
concert à bord de l'hôtel spatial Fhloston Paradise.
L'action se déroule au 23e siècle
dans le film Le cinquième élément (Luc Besson, 1997).
Le réalisateur a confié le chant
de cette scène à la cantatrice albanaise Inva Mula,
accompagnée pour l'occasion par
le London Symphonic Orchestra.
Merci, Papy !
L'invité de
la semaine prochaine (lundi 16 février 2004) : Vladimir Pletser