Précédents invités de la
semaine : Samantha
Cristoforetti, Alexander Gerst,
Andreas
Mogensen, Luca Parmitano
et Timothy
Peake
LES
INVITEES DU COSMOPIF
N°307
(lundi 10 janvier 2011)

Qui êtes-vous, Julie Richard ?
Originaire
des Vosges, où je suis née il y a 25 ans, je rêve depuis toute petite
d’aller dans l’espace. En grandissant, je me suis rendue compte que ça allait
être difficile mais j’ai cependant orienté mes études dans l’optique de
travailler dans le spatial en suivant un cursus assez traditionnel :
Classe Prépa, Ecole d’Ingénieurs (Polytech’ Annecy-Chambéry) puis enfin Mastère
Spécialisé (ISAE Supaéro). A côté de ça, je suis très proche de la nature et
des animaux et je suis toujours partante pour une rando ou un petit match de
volley !
Etant
jeune diplômée, mon parcours professionnel n’est pas encore très dense J’ai
néanmoins eu la chance de faire mon stage de fin d’études au CNES/Centre
Spatial Guyanais en 2009 et d’y revenir cette année en tant que VCAT
(Volontaire Civil à l’Aide Technique) où je m’occupe maintenant du suivi
qualité des différents chantiers (principalement sur Soyouz et sur le
traitement des obsolescences Ariane 5 et CSG).
Comment
est née cette passion pour le spatial ? C’est une très bonne question à
laquelle je n’ai pas de réponse. Par contre, je sais comment je le ressens
maintenant. Je suis toujours très impressionnée lors d’un lancement (j’en ai vu
6 jusqu’à présent) et je passerais des heures à écouter les anecdotes des personnes
travaillant depuis longtemps dans le spatial sur Ariane 5, les vols
habités… J’ai ainsi eu la chance d’avoir un cours/conférence sur les vols
habités par le Docteur Bernard Comet (médecin des astronautes) que je ne suis
pas prête d’oublier.
De
plus, je découvre chaque jour de nouvelles choses sur le fonctionnement de la
base et sur cette complexité dans les interactions existantes entre les
différents domaines d’activités. Cela me fait d’autant plus prendre conscience
des enjeux et contraintes liés à un lancement qu’on ne voit pas forcément de
l’extérieur. Je respecte toutes ces personnes qui œuvrent pour qu’un lancement
se réalise dans de bonnes conditions et je suis fière d’apporter ma (minuscule)
pierre à l’édifice. Je suis toujours curieuse de découvrir le CSG en interne
grâce à mon travail et je suis encore loin d’en avoir fait le tour !
A
chaque nouvelle chose que je découvre (visite du centre spatial Kennedy en
Floride, découverte du CSG, d’Ariane 5 et de Soyouz), je suis toujours autant
fascinée et cela reste de très bons souvenirs et expériences. Cependant, je
pense que mon souvenir le plus fort restera mon premier lancement Ariane 5,
le 14 mai 2009, emportant deux satellites -et non des moindres :
Herschel et Planck ! Ce n’est pas lié à la conquête spatiale en général
mais plutôt à ma conquête du spatial J.

Décollage d'Ariane 5 lors du
vol V188 du 14 mai 2009
Photo Julie Richard
Je
retiens la photo de l'astronaute Bruce McCandless
prise d’un test du MMU (Manned Maneuvering Unit) durant la mission STS-41B, en
février 1984 : elle est tout simplement renversante, difficilement
explicable par des mots !

La
navette spatiale américaine m’impressionne beaucoup ! Je regrette beaucoup
sa mise à la retraite décidée par le gouvernement américain. J’espère pouvoir
assister à un des derniers tirs de cette année (STS-134) mais comme, on le sait
bien, ce type de lancement n’est pas à l’abri d’un ou plusieurs reports…
Croisons les doigts pour que cet objectif soit réalisable.

Départ de la navette Discovery le 5 avril 2010 (mission
STS-131)
Photo Ben Cooper
A
côté de ça, je m’intéresse également à l’ATV (Automated Transfer Vehicle) qui
symbolise pour moi le fait que l’Europe a les compétences nécessaires dans des
systèmes destinés aux vols habités. Même si nous n’avons pas -encore- un moyen
d’accès autonome à l’espace pour ce type de vol (je regrette que le projet
Hermes ne soit pas allé à son terme), j’espère que les futurs projets européens
vont aller dans ce sens.

Je n’étais malheureusement pas née… J’aurais beaucoup aimé vivre à cette époque des pionniers de la conquête spatiale et surtout y participer.
J'aimerais
aller dans l’espace évidemment, plutôt pour un séjour de quelques semaines
avec, si ce n’est pas trop demander, une petite sortie extra véhiculaire… A bon
entendeur !
Merci, Julie Richard !
La semaine
prochaine (lundi 17 janvier 2011) : Daniel Kunth
