L'invité de la semaine dernière : Christian Lardier

 

LES INVITEES DU COSMOPIF

 

N°9 (lundi 26 janvier 2004)

 

Valérie Péron

Responsable des activités scolaires à l'association Planète Sciences

www.planete-sciences.org

 

 

 

Qui êtes-vous, Valérie Péron ?

Naissance : le 2 avril 1973 à Goslar (Allemagne)

Lieu d'habitation : Bagneux (92)

Situation familiale : vie maritale, une petite Coraline (née le 18 juin 2002)

Situation professionnelle : responsable du secteur scolaire de l'association Planète Sciences

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Après ma maîtrise de biochimie, j'ai intégré une formation professionnelle en communication pour ensuite mettre à profit cette double compétence science/communication lors d'un premier stage à l'INRA (Institut de la Recherche Agronomique) d'Orléans. Cette première expérience professionnelle m'a permis de m'exercer à la fois dans le domaine de la vulgarisation scientifique pour le grand public (organisation de la Fête de la Science) et dans le domaine de la communication interne (création d'un bulletin interne). J'ai ensuite intégré en 1994 Centre Sciences, centre de culture scientifique, technique et industrielle de la région Centre à Orléans, pour constituer une base de données de tous les lieux scientifiques, techniques et industriels de la région. Bien entendu, je participais à d'autres actions de l'association, toujours très formatrices pour moi : élaboration d'expositions de vulgarisation scientifique, coordination de la Fête de la science, contacts presse…

A la fin de mon contrat, j'arrive à Paris pour suivre mon ami et galère quelques mois au chômage avant d'avoir une proposition de Planète Sciences (à l'époque ANSTJ – Association nationale sciences techniques jeunesse) pour intégrer l'équipe afin d'assurer la coordination de l'activité météo, nouvellement mise en place. Je débarque ainsi en avril 1999 au sein du secteur Espace, avec la charge de l'activité météo.

Planète Sciences étant un formidable terrain de formation et d'expérimentation (c'est autant vrai pour ses bénéficiaire que pour les permanents), je mets à profit mes connaissances et en apprends régulièrement d'autres… pour arriver en septembre 2003 au secteur scolaire en tant que responsable.

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

Outre ma connaissance très scolaire de l'espace et de l'astronomie, mon intérêt a été surtout stimulé, à partir de 1995, par ma participation à une association de fusées amateurs, le club aérospatial Venturi, localisé à Menetou-Salons, dans le Cher. Les choses deviennent alors tout à coup beaucoup plus concrètes quand on est impliqué dans un projet d'équipe. C'est une belle et riche expérience.

Maintenant, mon objectif, en tant que responsable du secteur scolaire, est de faire connaître ces activités à la fois aux enseignants et aux jeunes et de leur montrer que les connaissances théoriques peuvent avoir facilement de simples et sympathiques applications techniques… et que tout le monde en est capable !

 

 

Quels souvenirs forts souhaitez-vous nous raconter ?

Trois souvenirs très forts me viennent en mémoire.

 

Tout d'abord, le vol balistique de ma première fusée expérimentale (Frégate C, en 1997) : le drame ! Deux ans pour concevoir et mettre au point cette fusée, des heures de travail, le stress des contrôles à passer lors du Festival de l'espace à Bourges, les derniers préparatifs sous pression… La fusée décolle, tout va très vite, trop vite… on ne voit plus la fusée, pas de petit point à l'horizon indiquant que le parachute s'est ouvert… Et puis l'annonce au micro que la fusée a fait un vol balistique. La fatigue aidant, tout s'écroule ! Après ce désespoir, on essaie de comprendre en essayant de retrouver la fusée pour analyser les débris et trouver la cause de cet échec. Et la cause ? Une vis qui n'a pas été remise à sa place ! Comme quoi, tout dépend souvent de peu de choses !

 

Puis c'est le vol nominal de la 2e fusée (@rtefact , en 1998) : la joie ! Là, on était sûrs de notre coup ! On a tout vérifié et revérifié. J'ai eu la chance d'être présente à toutes les étapes de la mise en œuvre de la fusée : tests, mise en rampe et surtout mise à feu dans la tente avec les pyrotechniciens du CNES. Joie incomparable quand le pyrotechnicien nous a annoncé en avant première l'ouverture du parachute, grâce à son œil expérimenté. Quel soulagement !

 

 

Fusée @rtefact en sortie de rampe à Bourges

Photo Planète Sciences

 

 

Un autre souvenir fort concerne la visite du Centre Spatial Guyanais. En avril 2003, en voyage en Guyane avec la Communauté des Villes Ariane, j'ai eu l'opportunité de visiter en privilégiée le CSG : visite de la salle Jupiter, des hangars de montage des boosters, de la salle de contrôle de l'ESA, la base de lancement Ariane 5… et, le clou de la visite, voir et approcher Ariane 5 sur son pas de tir dans un hangar, en attendant son lancement prochain retardé… Chose exceptionnelle car peu de personnes sont autorisées à l'approcher quand ses boosters sont pleins. C'est purement impressionnant ! Bien entendu, la découverte de la Guyane est également un bon souvenir.

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

La plus belle image du spatial, au sens large du terme, est incontestablement pour moi la Terre. Quoi de plus beau que cette planète bleu  ! Je passerais des heures à contempler des images comme celle-ci et à scruter les moindres détails des continents et les mouvements des nuages. Tout est alors relativisé : on est petit mais chacun détient le pouvoir de faire quelque chose de bien pour protéger cette planète… qui en a besoin, ne l'oublions pas !

 

 

L'Himalaya survolé par la navette spatiale

 

 

De la même manière, quel objet spatial retiendriez-vous ?

L'objet qui me fascine le plus est le radiotélescope (de Nançay par exemple). A la fois pour son côté esthétique et à la fois pour son côté technique : je trouve impressionnant de pouvoir capter ainsi des ondes et de les analyser.

 

 

La comète Hale-Bopp au-dessus de Nancay en avril 1997 (Photo Nicolas Biver)

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

En petite Terrienne que je suis, mon rêve serait d'aller facilement et sans contrainte (conditions physiques, mal de l'espace…) visiter l'espace et observer quand on veut la Terre. Comme au bord de la mer ou au sommet d'une montagne, la contempler à loisir et s'évader.

 

 

L’astronaute américaine Susan Helms au hublot de la station spatiale internationale

 

 

 

Merci Valérie Péron !

 

Interview réalisée par mail en janvier 2004

 

 

 

Prochain invité (lundi 2 février 2004) : Philippe Willekens

 

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas

 

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