L'invitée de la semaine
dernière : Stacy
Cusack
LES
INVITEES DU COSMOPIF
N°249
(lundi 21 septembre 2009)

Qui
êtes-vous, Simon Oudin ?
Je suis né en 1986 en Haute-Loire. Je suis
étudiant, passionné par la conquête spatiale et l’aviation (les deux vont
souvent de paire). Mes activités sportives vont du football jusqu’au vol moteur
sur avions ultralégers dans la région toulousaine.
Mon
parcours professionnel est plutôt bref : je suis passé par prépa Maths
Sup/Spé à Lyon puis j’ai intégré en 2006 l’école d’ingénieurs Supaéro
(Toulouse) qui permet à ses étudiants de se spécialiser dans l’ingénierie
aéronautique et spatiale. C’est d’ailleurs cette école qui a sponsorisé une
grande partie de ma formation de pilote privé en tant qu’activité
extrascolaire.
Cet
établissement propose aussi à ses étudiants d’interrompre leur scolarité
pendant un an pour réaliser un stage "long" en entreprise. Je
termine actuellement mon année de césure en travaillant près de Londres pour
EADS Astrium UK sur la mission scientifique LISA Pathfinder commandée par
l’Agence spatiale européenne et la NASA. J'ai pu intégrer l'équipe qui conçoit
et teste le système automatique de contrôle d’attitude et d’orbite de la sonde
spatiale qui ira se promener vers le point de Lagrange L1 situé à
1,5 million de km de la Terre (c’est 4 fois la distance Terre
Lune !).
Ma
passion pour l’espace remonte aussi loin que mes plus anciens souvenirs. J’ai
même récemment retrouvé une carte postale de 1991 (j’avais 5 ans !)
d’un proche qui me parlait de fusées lunaires. Depuis mon enfance, je consacre
donc une grande majorité de mes lectures à des ouvrages sur l’espace.
J’apprécie les livres techniques avec schémas et tableaux mais aussi les
biographies pour le côté humain. J’essaie également de rencontrer des
astronautes ou cosmonautes aussi souvent que possible. La Cité de l’Espace à
Toulouse m’a par exemple donné plusieurs occasions d’approcher des légendes
de la conquête spatiale comme Alexeï Leonov.

Alexeï Leonov et Michel Tognini à
la Cité de l'Espace en octobre 2007
Photo Didier Capdevila
Je
pourrais parler de "l’émotion" lors de la retransmission de certains
lancements (surtout ceux à 3 heures du matin, heure de Paris…) ou de
l’attente en direct d’images de sondes à la surface d’autres astres mais je
vais plutôt raconter deux entrevues plus anecdotiques.
Il
y a tout d’abord une rencontre à la Cité
de l’Espace de l'Espace il y a 5 ans. J’avais le nez collé à la
vitrine présentant la pierre lunaire et les objets Apollo lorsqu’un
"inconnu" (devenu depuis un ami : Serge Gracieux)
employé par la Cité arriva, remarqua mon intérêt pour ces objets et profita
d’une opération sur la vitrine pour sortir les vestiges du programme lunaire et
me les passer en main propre (avec des gants tout de même). Je me rappelle
encore de ma surprise en constatant le poids des lampes torches et autres
rasoirs électriques qui avaient fait le tour de la Lune sur Apollo 10 et
13 presque 35 ans plus tôt. Pour le "gamin" de 18 ans que
j’étais, c’était incroyable de pouvoir toucher toutes ces pièces de musée que
j’avais si souvent vu en vidéo.

Pierre de Lune exposée à la
Cité de l'Espace
Photo Serge Gracieux
La
seconde, c’est une rencontre avec l’astronaute Bill Readdy
(STS-42, STS-51, STS-79-Mir),
en 2007, lors d’un
colloque sur l’espace. Alors qu’il est souvent difficile de discuter longuement
avec les astronautes, j’ai passé lors d’un cocktail une heure en "tête à
tête" avec ce grand commandant de navettes. Cerise sur le gâteau en
partant, lorsque je demandai s’il avait laissé son Silver Pin dans l’espace
comme l’avait fait Alan Bean sur la Lune, il me répondit que non mais il
fouilla sa poche pour en sortir un pin’s doré représentant l'ISS :
"That’s for you !". Cela reste un très bon souvenir car c’était
bien la première fois qu’un astronaute m’offrait quelque chose !
Je
reste un grand fan des levers de Terre au dessus de l’horizon lunaire. Comme le
disait l’autre, les astronautes d’Apollo 8 sont partis en direction de la Lune
mais ils ont surtout découvert notre planète.

A défaut d'arriver à n’en choisir qu’un, je retiens deux vaisseaux habités pionniers : le module lunaire et Soyouz.
Le
"LEM" pour son style unique et parce qu’il a réalisé pour la première
fois l’exploit d’amener et de protéger des êtres humains sur un autre astre. Lorsque nous avons rencontré Charlie
Duke à
Birmingham avec Pif, il nous a justement parlé de l’arrivée très dynamique et
très "fun" sur la Lune à bord de cette drôle de machine (comprenez "fun" comme vous le voudrez !).
Le
vaisseau Soyouz, démonstration de l’expertise spatiale russe, me fascine par
l’évolutivité sans fin de son concept et par le lien qu’il représente entre la
vie sur Terre et la présence humaine dans l’espace depuis 40 ans.


Je
n’étais pas né ! Cependant, j’ai pu "revivre" l’évènement
presque pour de vrai devant un vieil écran de télévision et avec les journaux
d’époque lors de l’exposition Cosmomania de la Cité de l'Espace à
Toulouse, ce qui a donné une toute autre dimension aux images fantomatiques que
je connaissais...

La pièce consacrée aux premiers pas sur la Lune de
l'exposition Cosmomania de la Cité de l'Espace en 2007
Photo Didier Capdevila
J'aimerais bien évidemment aller là-haut pour voir notre Terre ronde et bleue contrastant avec le ciel noir d’encre de l’espace. Que ce soit pour 5 minutes avec le SpaceShipTwo ou 12 jours avec un futur vaisseau américain/russe (ou européen, on peut rêver !), l’expérience doit être saisissante.
Dans
une moindre mesure, je souhaiterais aussi assister à un lancement habité…
Merci, Simon Oudin !
Interview
réalisée par mail en juin 2009
La semaine
prochaine (lundi 28 septembre 2009) : Story Musgrave
