L'invité de la semaine dernière : Jean-Claude Guiraudon

 

LES INVITEES DU COSMOPIF

 

N°286 (lundi 28 juin 2010)

 

Elena Oryekhova

Ingénieur-support des astronautes européens

www.esa.int/esaHS/ESAJIE0VMOC_astronauts_0.html

 

 

 

Qui êtes-vous, Elena Oryekhova ?

Je suis Astronaut Support Engineer au Centre européen des astronautes (EAC) de Cologne, en Allemagne. Je vis également à Cologne. D'origine russe, mes passe-temps sont la course à pied, la gymnastique, la natation, la plongée, la voile, la peinture, le théâtre, la culture générale… et l'actualité et l'histoire de l’espace.

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Après des études à l'Université de Toulouse-Le Mirail entre 2001 et 2004, j'ai d'abord été ingénieur d’affaires chez CLS (commercialisation des terminaux satellitaires Argos pour le suivi des bateaux de pêche) puis ingénieur d'étude au Centre spatial de Toulouse, détachée par Médias-France puis MEDES au CNES (valorisation de la propriété intellectuelle du CNES et gestion de projets en applications spatiales). Je suis aujourd'hui détachée par MEDES à l'EAC en tant que représentante du CNES et assure la fonction d'Astronaut Support Engineer. Je m’occupe de tout ce qui est support vie à bord d'un vol spatial : nourriture, objets personnels, équipements supplémentaires, éléments de support psychologique, support famille, campagne de lancement et d’atterrissage… On essaie de décharger les astronautes de ce qui n’est pas lié à leur programme scientifique de manière à leur permettre à se concentrer sur leur entraînement et de faire leur séjour à bord le moins contraignant possible.

 

 

Quelle anecdote personnelle ou souvenir fort lié à la conquête spatiale souhaiteriez-vous nous faire partager ?

Mon premier décollage de la navette (mission STS-126 en novembre 2008) reste un des souvenirs les plus marquants. Je l’ai vécu au niveau purement sensoriel : son, vibration, lumière. Cela m’a tellement impressionnée que j’ai manqué toutes les phases techniques du décollage.

 

 

Décollage de la navette Endeavour depuis le centre spatial Kennedy  le 14 novembre 2008

 

 

J’ai éprouvé une sensation aussi forte la première fois que j'ai vu un décollage de Soyouz depuis Baïkonour (ISS 19S / Expedition 20-21 en mai 2009). L’affectif était beaucoup plus présent cette fois-ci car Baïkonour est longtemps resté un endroit magique et inaccessible dont j’ai entendu parler depuis ma plus jeune enfance. Et j’y étais !! Ce qui était impressionnant aussi c’est de m’être trouvée à 2 mètres de la fusée lors du roll out. Et ce qui m’a donnée la chaire de poule, c’est d’assister au départ des cosmonautes, de croiser leurs regards et de voir leurs sourires quand ils partaient de leur hôtel pour aller se mettre en scaphandre juste quelques heures avant le décollage.

 

 

Roll out de la fusée Soyouz TMA-15 le 27 mai 2009

 

 

Un autre souvenir inoubliable, c’était d’être en train de parler à l’équipage de l’ISS et de voir la station passer dans le ciel au même instant au dessus de ma tête…

 

 

A bord d'ISS : Frank De Winne, Robert Thirsk, Gennady Padalka, Michael Barratt, Koichi Wakata et Roman Romanenko

 

 

Et il y en a bien d’autres…De toute façon, quand on fait ce travail, presque chaque jour apporte quelque chose d’inoubliable. !

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

Je retiens en premier lieu les calottes polaires de Mars, dévoilées par la sonde européenne Mars Express. Mais je pense aussi aux couleurs inimitables et pures que les astronautes peuvent admirer sur un fond noir ou bleu du ciel lors des sorties extravéhiculaires ou sur la Lune.

 

 

 

 

De la même manière, quel objet spatial vous fascine-t-il ?

Aucun objet ne me fascine. En revanche, il y a une personne dont le charisme, la destinée et l’apport fait dans le spatial me fascinent. Il s’agit de Sergueï Korolev. Je pense que sa personnalité transparaît à travers ses photos.

 

 

 

Quel souvenir gardez-vous de la nuit du 20 au 21 juillet 1969 ?

Je n’étais pas née à l’époque. Mais quand je revois les vidéos, cela m’émeut beaucoup.

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

Si on parle bien d’un rêve au sens idéal et souvent inatteignable, ce serait de travailler dans l’équipe de Korolev.

 

 

Merci, Elena Oryekhova

 

Interview réalisée par e-mail en avril 2010

 

 

Traduisant les réponses du cosmonaute Alexandre Kaléri à la Cité de l'Espace le 4 octobre 2007

 

 

 

La semaine prochaine (lundi 28 juin 2010) : Fred Haise

 

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas

 

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