L'invité de la semaine
dernière : Steve Chrystall
LES
INVITEES DU COSMOPIF
N°256
(lundi 9 novembre 2009)
向井千秋
Première
Japonaise de l'espace


Chiaki Naito-Mukai en bref
Née le
6 mai 1952 à Tatebayashi (Japon)
Docteur en médecine en 1977
et en physiologie en 1988 (Université Keiō)
Auteur de plus de
60 publications scientifiques
Astronaute de la NASDA
sélectionnée en 1985, première Japonaise de l'espace
Spécialiste de charge utile
lors de deux missions navette : Columbia STS-65 et Discovery STS-95
Temps total
passé dans l'espace : 23 jours, 15 heures et 39 minutes
Mariée, amateur de ski
alpin, de pêche, plongée sous-marine, tennis, golf, photographie, littérature
et voyages.
Chiaki Mukai débute sa carrière comme chirurgien et devient responsable du département de la chirurgie cardiovasculaire de l'hôpital de Université Keiō de Tokyo en 1983.
En 1985, elle est
sélectionnée par l'agence spatiale japonaise pour la mission First Material
Processing Test (Spacelab-J) avec deux autres candidats, Takao Doi et Mamoru Mohri. Elle est la
doublure principale de Mamoru Mohri lors de ce vol STS-47 qui se déroule en septembre
1992.
Elle participe du 8 au 23 juillet 1994 au vol STS-65 de la navette Columbia qui utilise le module européen Spacelab dans le cadre de la mission International Microgravity Laboratory (IML-2). Elle y mène des expériences de biologie spatiale et des études sur les matériaux et les fluides en micropesanteur. Elle conduit également des expériences médicales, comme des tests sur les systèmes cardiovasculaires et neurologiques ou l'impact sur les os et les tissus musculaires. Le Français Jean-Jacques Favier est sa doublure pour ce vol.

L'équipage
de la mission STS-95
Assis, de
gauche à droite : Steven
Lindsey (pilote) et Curtis Brown (commandant)
Debout, de
gauche à droite : les spécialistes de mission Scott Parazynski, Stephen Robinson et Pedro Duque
et les spécialistes de charge utile Chiaki Mukai and John
Glenn
Chiaki Mukai effectue un second séjour dans l'espace du 29 octobre au 7 novembre 1998, à bord de la navette Discovery qui embarque le module pressurisé Spacehab. Elle devient à cette occasion le premier représentant du Japon à effectuer deux missions spatiales. La mission, très médiatisée du fait de la participation du premier Américain sur orbite, John Glenn, alors âgé de 77 ans, permet notamment le déploiement de la plate-forme d'observation du Soleil Spartan et d'équipements destinés au télescope spatial Hubble.

L'équipage
de la mission STS-65
Assis, de
gauche à droite : Richard Hieb (responsable de charge utile),
Robert
Cabana (commandant) et Donald Thomas, (spécialiste de mission)
Debout, de
gauche à droite : Leroy Chiao (spécialiste de mission), James Halsell
(pilote),
Chiaki
Mukai (spécialiste de charge utile) et Carl Walz (spécialiste de mission)
Lors de la mission STS-107 de la navette Columbia à l'issue tragique le 1er février 2003, Chiaki Mukai coordonne les opérations scientifiques. Le vol comporte plus de 80 expériences dans le domaine de la biologie, de la recherche biomédicale et des contre-mesures, des sciences de la matière et des sciences de la Terre.
5 questions à Chiaki Mukai
Je suis devenue astronaute parce
que je voulais éprouver mes capacités à aller dans l'espace. J'étais docteur en
médecine lorsque le gouvernement japonais s'est mis à la recherche de candidats
qui n'étaient pas pilotes en 1984-1985. Il s'agissait donc de recruter parmi
des ingénieurs, des médecins ou des scientifiques qui seraient capables de mener
des expériences utilisant l'environnement en micropesanteur. J'ai été intriguée
et ai adressé ma candidature.

J'ai vraiment aimé tous les types
d'entraînement car il y avait toujours de nouvelles choses à découvrir, en
particulier dans un environnement international, avec mes collègues américains
et européens. J'ai beaucoup de souvenirs, nous avons visité beaucoup
d'endroits, discuté avec beaucoup de gens. C'était très enrichissant.

Départ de la mission STS-65
le 8 juillet et retour de la mission STS-95 le 7 novembre 1998
Concernant
mon expérience en vol, je me rappelle de ma surprise de retrouver la pesanteur
lors de mon premier retour sur Terre. En effet, je m'attendais aux effets de
l'absence de pesanteur dans l'espace avant mon départ et cela a été
fantastique, comme espéré. Mais, quand nous avons atterri, je m'étais habituée
à cet état et ne m'attendais pas à ce que les effets de la pesanteur soient
aussi forts ! Ce fut vraiment nouveau pour moi et étonnant.
Evidemment, j'ai
trouvé toutes les grandes étapes de la conquête spatiale motivantes : le
premier pas d'un homme dans l'espace, Youri Gagarine ; la première femme,
Valentina Terechkova ; l'atterrissage sur la Lune d'Apollo… J'étais
étudiante au lycée quand l'homme a marché sur la Lune et ce fut vraiment
impressionnant.
En tant que médecin, je choisis
les expériences médicales transportées et effectuées dans l'espace mais aussi
tout ce qui permet de s'assurer que l'homme peut voyager dans l'espace sans que
sa santé soit détériorée par l'environnement spatial. Le laboratoire Spacelab
est un très bel objet et les vols spatiaux de longue durée -mais aussi une base
lunaire (qui permettra de trouver comment nous pouvons vivre en toute sécurité
sur la Lune) et le débarquement sur Mars- sont aussi très intéressants.

D'un point de vue réaliste,
j'aimerais que davantage de monde puisse expérimenter et explorer dans l'espace
et qu'une base lunaire internationale puisse être établie pour développer notre
technologie médicale et pour le système médical.
D'un point de vue plus délirant,
j'aimerais y aller moi, sur la Lune ! [Rires]

La Lune aperçue lors de la mission STS-95
Merci, Chiaki Mukai !
Interview
réalisée à l'Euro Space Center
de Redu le 16 septembre 2009
Retranscription
réalisée par Pif avec l'aide de Raoul Lannoy


En
compagnie de Pif, Thomas
Tsymbal, Stéphane
Sébile et Nicolas
Pillet
La semaine
prochaine (lundi 16 novembre 2009) : Antoine Pascal
