L'invité de la semaine
dernière : Christian
Vanpouille
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°259
(lundi 30 novembre 2009)

Qui
êtes-vous, Nicolas Moulinot ?
J'aurai 30 ans à la fin de l'année, un mois avant le trentième anniversaire du premier vol d'Ariane. J'ai grandi dans le Val d'Oise et j'habite aujourd'hui à Paris. Je suis passionné d'espace et surtout de l'histoire de la conquête spatiale depuis une dizaine d'années.
Aujourd'hui,
j'occupe mon temps libre entre photographie et participation à la vie de
l'association Les Souris Vertes.
Après un bref passage en fac de
sciences, j'ai changé de voie pour l'animation et ai effectué mes premiers
boulots d'étudiant : animateur en centres de vacances et de loisirs, puis
des vacations comme animateur au musée de l'Air
et de l'Espace du Bourget.
De là, j'ai fait la connaissance
de l'association Aloïse (devenue Planète Sciences
Ile-de-France) et suis devenu animateur pour le secteur Espace. Par la
suite, lors d'une formation dans l'animation (spécialité animation
scientifique), j'ai eu l'occasion de passer quelques mois à l'espace Cyber
Métropole du Palais de la découverte.
J'ai ensuite eu l'opportunité de travailler un an pour une école de commerce et de gestion comme responsable du centre de ressources multimédia et formateur nouvelles technologies. Depuis un peu plus de 5 ans je travaille dans la gestion de projets Internet pour un grand groupe de distribution de matériaux de construction.
Il
y une dizaine d'années, j'ai été retenu comme vacataire au musée de
l'Air et de l'Espace pour
l'animation des ateliers et visites des collections. Au cours des formations du
musée, entouré de tous ces éléments historiques et de cette atmosphère
particulière, est née ma passion pour ce qui vole et plus particulièrement pour
l'espace et la conquête spatiale.
Cette
période a été propice à de nombreuses rencontres. Tous ces moments forts ont
ancré en moi cette passion.
Aujourd'hui
je suis formateur et lanceur minifusées, au sein du réseau Planète Sciences. Je
m'investis également dans les activités associatives et de club espace que nous
menons au sein de l'association Les
Souris Vertes. Par toutes ces activités, je continue à rêver l'espace.
J'ai
eu la chance d'assister en septembre 2002 à la projection du film, Le soleil
blanc du désert au planétarium du musée de l'Air et de
l'Espace, vieux
film soviétique que regardent par tradition tous les équipages russes depuis
les années 70 ; bien entendu, la projection eut lieu en version originale
et la traduction fut assurée en simultané par un interprète présent dans la
salle ! Un grand moment, merci Pif.

Je
choisis cette vue de la première sortie dans l'espace d'Alexeï Leonov en juin 1965.

Je
m’avançais vers l’inconnu et personne au monde ne pouvait me dire ce que j’allais
y rencontrer. Je n’avais pas de mode d’emploi. C’était la première fois. Mais
je savais que cela devait être fait [...]. Je grimpai hors de l’écoutille sans
me presser et m’en extirpai délicatement. Je m’éloignai peu à peu du vaisseau
[...]. C’est surtout le silence qui me frappa le plus. C’était un silence
impressionnant, comme je n’en ai jamais rencontré sur Terre, si lourd et si
profond que je commençai à entendre le bruit de mon propre corps [...]. Il y
avait plus d’étoiles dans le ciel que je ne m’y étais attendu. Le ciel était
d’un noir profond, mais en même temps, il brillait de la lueur du Soleil… La
Terre paraissait petite, bleue, claire, si attendrissante, si esseulée. C’était
notre demeure, et il fallait que je la défende comme une sainte relique. Elle
était absolument ronde. Je crois que je n’ai jamais su ce que signifiait
"rond" avant d’avoir vu la Terre depuis l’espace.
Je
retiens la fusée R7 "Semiorka". C'est le premier lanceur a avoir mis
en orbite un satellite autour de la Terre et la base du Vostok de Youri
Gagarine. Il a participé aux programmes des stations Saliout, Mir et ISS.
C'est
le Soyouz d'aujourd'hui qui transporte la plupart des hommes et femmes de
l'espace, le premier taxi spatial et le plus sûr encore aujourd'hui. Son
incroyable longévité me fascine, quel génie ce Korolev !

L'évènement ayant eu lieu 10 ans avant ma naissance, je ne sais pas si l'on peut parler de souvenir. La représentation que j'en ai est avant tout bien plus sonore que visuelle. En effet, je garde en mémoire la phrase prononcée par Neil Armstrong, sa voix mêlée au souffle et au grésillement de la transmission…
J'aimerais
voir la Terre comme un Terrien peut voir la Lune.

L'Américain Gene Cernan sur la Lune en décembre 1972. Haut
dans un ciel d'encre, son berceau.
Merci, Nicolas Moulinot !
La semaine
prochaine (lundi 7 décembre 2009) : Laurent Mangane
