L'invité de la semaine
dernière : Cécile
Rouzay
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°223
(lundi 9 février 2009)

Qui êtes-vous, Jean-Pierre Martin ?
Escogriffe sexagénaire d’1 m
85 ; on m’a toujours appelé "le grand", depuis l’école ; un
peu moins aujourd’hui -il est vrai qu’avec l’âge, je me tasse… Né à Pontoise,
mon grand père paternel s’occupait d’un journal ; ma grand-mère était prof
de piano et passait ses samedis soir à jouer dans un orchestre de jazz. J’ai
une ravissante belle fille, Laurence, mariée avec mon fils Brice mais je ne
suis toujours pas papy. Michèle partage mon (passionnant) quotidien dans un
petit village proche de Roissy CDG. Je suis un des homonymes de Jean-Pierre Martin,
le webmestre du site Planetastronomy,
que j’espère bien rencontrer un jour !
Ma génération n’a pas eu trop de
soucis pour trouver du travail. Si on était courageux et prêt à se lever tôt,
on en trouvait. J’ai eu la chance de participer, par hasard, à la création de
la direction de la communication d’un groupe de bancassurances, ce qui m’a
amené à connaître beaucoup de milieux les plus intéressants les uns des autres
(médias, édition, sponsoring, etc.). Aujourd’hui, je m’occupe de résidences
pour seniors actifs. Je prépare ma retraite…
Je suis un fou furieux d’images, de sons, de fusées et… d’espace.
Deux bons souvenirs : avoir
gagné un concours de cinéastes amateurs organisé par France 2 et avoir eu un de
mes enregistrements diffusé à l’antenne de France Inter dans l’émission de
Claude Villers "Pas de panique". Ma passion pour l’espace vient sans
doute de ma petite enfance au Blanc Mesnil, une localité du 9-3. Le pavillon
familial se trouvait face à l’aéroport du Bourget. Beaucoup des parents de mes
copains et petites amies y travaillaient : pilote, mécanicien, technicien
d’UTA, administratif, secrétaire ou steward à la valise chargée de souvenirs du
bout du monde. Et cette ambiance merveilleuse à la terrasse de l’aéroport où,
comme Gilbert Bécaud à Orly, j’allais contempler les avions le dimanche. J’ai
été un visiteur attentif des salons du Bourget et n’en ai pas raté beaucoup
depuis l’âge de 12 ans. Sauf en 1973, quand j’ai assisté, alors que
j’étais en province, à la retransmission télé de la démonstration en vol du
Tupolev Tu-144 qui allait se terminer de manière dramatique. Et puis il y eut
la rencontre, voilà quelques décennies, avec Jacques Tiziou le
journaliste scientifique français qui connaît sans doute le mieux, pour l’avoir
vécue sur place en Floride puis à Washington, la grande aventure de la conquête
de l’espace. Avec Jacques, les portes des principaux centres de la NASA se sont
ouvertes pour mon cousin Bernard et moi-même, envoyés très spéciaux du Cosmos
Club de France cher à Albert Ducrocq. Ce fut aussi l’envol d’Apollo 14 puis
Apollo-Soyouz. Que d’images, de sons, d’odeurs, d’impressions et… de
nostalgie !

Lancement de la mission Apollo 14 vers la Lune le
31 janvier 1971
Je pense à un dessin dont je ne
connais pas l’auteur et que je n'ai pas retrouvé, hélas. On voit un petit homme
qui scrute l’immensité du ciel étoilé et qui s’écrie "Y’a
quelqu’un ?"
Pourquoi pas le fameux crawler
transporter, de la taille d'un terrain de 30 mètres de côté qui emmenait,
à la vitesse de 2 km/heure la majestueuse et puissante Saturn 5,
haute de 110 mètres (arche de La Défense à Paris) et pesant
3 000 tonnes, du hall d'assemblage à son emplacement de tir en 7 à 8 heures
de route et capable de compenser les éventuelles dénivellations du terrain.
Incroyable engin placé sous le contrôle d'une trentaine de personnes !
J'imagine le jour où cette solution a germé dans l'esprit d'un ou plusieurs des
ingénieurs qui l'ont conçu : il suffit de placer la fusée sur un plateau
mobile qui l'amènera du VAB au pas de tir... A cet instant, dans la salle de
réunion, que s'est-il donc passé ? Un silence interrogateur plus ou moins
prolongé, des regards inquiets, des applaudissements ou bien une réponse du style :
"Développez..." J'aurai bien voulu vivre cet instant où l'homme,
petit Terrien devant les cieux, devient quasiment génial !

Spoutnik, c'est d’abord un
"bip-bip" qui apparaît puis s’estompe dans un fourmillement sonore et
bien sûr un émerveillement pour le jeune garçon que j’étais.
Gagarine, c'est le premier. Il a
vécu des sensations extraordinaires. Il fut salué sur toute la planète tel un
héros. Il est mort en pilote, tristement humain.
Un invraisemblable fourbi et la
première tentative pour l’Humanité de quitter le plancher des vaches.
J'aimerais vivre le premier contact
avec un ou, de préférence une extra terrestre -oups ! Plus sérieusement,
j'aimerais être encore de ce monde pour vivre l’arrivée de l’homme sur la
planète Mars…
Merci, Jean-Pierre Martin !
Interview
réalisée par mail en janvier 2009

En avril
2008 à l'Euro Space Center
avec Catherine Lari, Pierre-Emmanuel
Paulis, Pif, Jacques
Tiziou et Franck Daumas
La semaine
prochaine (lundi 16 février 2009) : Klaus-Dietrich Flade