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invité : Ed Gibson
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°342
(lundi 28 novembre 2011)
www.facebook.com/Didier.Marouani.et.spAce

Qui êtes-vous, Didier Marouani ?
Je suis né le 14 juillet
1953 à Monaco. Je vis à Paris, j’ai 3 enfants et j’ai la chance extraordinaire
d’exercer ma passion, la musique...

Didier Marouani devant la statue
de Gagarine à la Cité des étoiles en avril 2011
J’ai commencé à étudier la musique classique à l’âge de
5 ans puis à 9 ans j’ai commencé à composer des chansons. J’ai eu ma
première chanson enregistrée à 11 ans. Je suis arrivé à Paris à
15 ans où j’ai suivi des cours au Conservatoire de musique en Piano,
Solfège et Harmonie. A l’âge de 17 ans, j’ai envoyé une chanson au
Festival de Tokyo et j’ai été sélectionné pour représenter la France ;
j’ai remporté le prix d’interprétation masculine, ce qui a provoqué
l’enregistrement d’un premier album à Tokyo avec 7 chansons en Français et
3 en Japonais et la signature en France avec les disques Barclay pour
enregistrer un premier album sur des textes d’Etienne Roda Gil.
En 1977, fasciné par l’arrivée des premiers synthétiseurs, je
crée le groupe SPACE
et notre premier single, Magic Fly, se classe n°1 des ventes dans le
monde entier, avec plus de 10 millions d’exemplaires vendus. Puis 3 albums,
dont Deliverance
et Just Blue, qui propulsent le
groupe aux sommets des hit-parades mondiaux : c’est la première fois qu’un
groupe français vend autant de disques dans le monde.

En 1983, le Ministre de la Culture de l’Union soviétique de
passage à Paris me propose de venir donner 21 concerts en URSS, j’accepte
et c’est ainsi que 8 mois plus tard va débuter une fabuleuse histoire d’amour
avec le public russe et des autres républiques ; plus de 600 000 spectateurs
assistent à cette première tournée qui va sceller une notoriété qui ne s’est
pas démentie pas au fil des années. De nombreux concerts et tournées se
succèdent dans des salles de 10 000 à 30 000 spectateurs. Onze albums
sont enregistrés avec SPACE.
En 1987, j’ai composé un album Space Opera (le premier opéra spatial) et j’ai
obtenu du Ministre de la Culture russe que les chœurs de l’Armée rouge
participent à cet album et qu’ils chantent avec les chœurs américains de
l’Université d’Harvard ; une réussite dont je ne suis pas peu fier dans la
mesure où cela se passait en pleine Guerre froide ; ma notoriété en URSS
puis en Russie m’a beaucoup servie pour convaincre le Ministre russe. Une fois
cet enregistrement effectué, j’en ai fait part au Président Gorbatchev, qui a
répondu à mon courrier en des termes très chaleureux ; fort de cet
accueil, j’ai sollicité un rendez-vous avec le Ministre de l’Espace soviétique
(Glavkosmos) et lui ai demandé que l’album soit
emporté vers la station spatiale Mir, qu’il soit diffusé en direct lors d’une émission
de télévision sur Canal+ et enfin qu’il soit satellisé plus tard dans l’espace
à l’intérieur d’un lecteur de CD portable muni de deux haut-parleurs en
signe d’espoir et de communication avec l’au-delà. Le Ministre s’est montré
très intéressé par ma demande et m’a demandé de lui laisser le lecteur de CD et
les haut-parleurs afin qu’ils soient pesés par les ingénieurs chargés de la
mission spatiale suivante. 15 jours plus tard, je recevais un accord de la
part du Ministre me demandant de revenir à Moscou pour effectuer la remise officielle
aux cosmonautes russes ! Le disque et le lecteur furent emportés dans la
station Mir et satellisé dans l’espace ! Quel bonheur les soirs d’été
étoilés de regarder le ciel et me dire qu’un petit bout de moi tourne autour de
nous… Comme quoi, lorsque l’on croit très fort en ses rêves et même s’ils
peuvent paraître très fous à d’autres, il faut toujours continuer ; rien
n’est impossible surtout lorsqu’il n’y a pas d’enjeux économiques.
Une nouvelle aventure est en train de se dessiner avec mon
nouvel album qui vient de sortir, From Earth to Mars :
le nouveau Ministère de l’espace russe, Roskosmos, a
accepté d’envoyer et de faire déposer cet album lors de la première mission humaine
à destination de Mars ! Un message de paix à destination d’éventuels
Martiens figure sur cet album.

Je choisis cette superbe vue de la station
spatiale internationale photographiée de nuit depuis la navette spatiale. L’ISS
s’inscrit pour moi dans la continuité de la découverte et permet de faire vivre
et travailler l’homme dans l’espace. La taille de cette station est immense
comparée à la station russe Mir. L’homme a montré aussi qu’il évoluait et qu’au
lieu de faire ses recherches et découvertes seul il pouvait s’allier avec ses
voisins ; les plus grands pays construisent ainsi cette station spatiale -plus
de 15 au total- dont bien sûr les Etats-Unis, la Russie mais également l’Europe
avec l’ESA, le Japon et le Canada. C’est une aventure extraordinaire.

Je pense encore à l’ISS car elle représente
un terrain d’expérimentation unique pour les sciences de la vie et de la
matière et la physique fondamentale. Mais c’est aussi une formidable plateforme
pour l’observation de la Terre et de l’Univers.

Cette nuit constitue un magnifique souvenir. Je me souviens
d’avoir veillé très tard avec des amis pour assister en direct au “Grand pas de l’humanité”. Cette marche magique de Neil Armstrong a eu un fort impact sur mon imagination et je
pense que cela a été le cas pour toutes les personnes qui ont eu la chance de
suivre cette aventure.
J’aimerais pouvoir réunir suffisamment de sponsors, russes
ou autres, afin d’aller faire un séjour dans l’espace ; je pense que “SPACE dans l’espace” pourrait être un bon slogan !
Merci Didier Marouani !
Interview
réalisée par mail en novembre 2011

Le 13 avril
dernier, pour les 50 ans du vol de Youri Gagarine,
le groupe SPACE a donné un concert au théâtre du Kremlin de Moscou.
Autour de Didier Marouani, les cosmonautes Alexandre et Sergueï Volkov (père
et fils) et le Français Jean-Loup Chrétien
chantent la chanson-hommage
“Gagarine Hourrah”, accompagnés par les chœurs de l’Armée rouge.
La vidéo est disponible
sur www.space.tm.fr

Prochain
invité (lundi 5 décembre 2011) : Régis
Hautière
