L'invité de la semaine dernière : David Shayler

 

LES INVITES DU COSMOPIF

 

N°243 (lundi 29 juin 2009)

 

Dominique Lamiable

Auteur photographe, consultant multimédia

et coordinateur d'activités scientifiques et techniques

www.abreuvetascience.org/ (nouvelles scientifiques)

www.abreuvetascience.org/blog/ (blog d'actualités scientifiques)

www.abreuvetascience.net/ (site d'auteur)

www.abreuvetascience.net/blog/ (blog de créateur)

 

 

 

Qui êtes-vous, Dominique Lamiable ?

Actuellement auteur photographe et consultant multimédia, je fais aussi de la coordination d'activités scientifiques et techniques au niveau national et international. Né en 1949 dans la banlieue parisienne, je suis parti vivre quelques années après dans un hameau du centre de la France et ce durant toute mon enfance et mon adolescence. Très vite ensuite, je suis revenu sur Paris.

J'aime les images (photos, peintures, graphisme), l'astronomie, la conquête spatiale (les deux étant très liées) et les voyages (avec sac à dos et tente : j'apprécie la vie "rustique" et la découverte du "vrai" monde).

 

 

Quel a été votre parcours professionnel ?

Quelques années après le lycée Alain Fournier de Bourges, j'ai suivi des études à l'université de Paris VIII. Pour faire court, mes compétences sont axées dans deux domaines très différents : scientifique (j'ai travaillé entre autres sur des projets avec l'Observatoire de Meudon à différentes époques) et artistique (photo et cinéma).

 

 

Quelle est votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?

Passionné d'astronomie et d'espace depuis tout petit grâce à un livre de Pierre Rousseau, Jean-François astronome, puis par des stages avec Pierre Bourge (cela dira quelque chose aux anciens...), j'ai eu la chance de concrétiser avec de nombreuses missions à l'Observatoire du Pic du Midi, "à la belle époque du mini-téléphérique" (et des montées à pied lorsqu'il était bloqué par le vent... y compris l'hiver dans la neige), ainsi qu'au Pic de Château Renard (j'ai été par exemple responsable d'une des équipes qui ont travaillé sur l'étude de la qualité du site pour sa réouverture). Dès le collège dans les années 60, j'ai lancé un premier club scientifique, puis dans presque toutes les villes où je suis passé ensuite. Et j'ai eu le grand bonheur d'envoyer quatre jeunes faire des expériences en impesanteur dans un avion mythique, la Caravelle zéro G (remplacée depuis par un Airbus A300). Aujourd'hui, j'ai peu de temps personnel à consacrer à certaines de mes passions (mais la retraite est proche). Lors de mes actions de coordination d'activités scientifiques et techniques il me semble capital d'insister toujours en préambule sur l'indispensable esprit critique qui manque cruellement à tant de gens et sur la protection de la nature que je ne crois pas contradictoire avec la conquête de l'espace, bien au contraire.

 

 

La Caravelle zéro G du CNES a été utilisée entre 1989 et 1995

 

 

Quelle anecdote personnelle ou souvenir fort lié à la conquête spatiale souhaiteriez-vous nous faire partager ?

Les sondes Viking 1 et 2, en se posant sur Mars, devaient analyser la planète pour la première fois de près et chercher des traces de vie élémentaire. Elles me semblent avoir marqué un passage historique aussi important que celui du premier être humain dans l'espace ou du premier pas de l'homme sur la Lune.

 

 

La plaine Chryse Planitia révélée par Viking 1

 

 

Quelle serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?

Je choisis une image classique, celle de l'astronaute américain Bruce McCandless essayant le fauteuil spatial "MMU" en février 1984. Cela signifie la "marche" dans l'espace en même temps que la coupure du cordon ombilical pour l'astronaute. Il s'agit d'une image de "liberté", même si elle n'est qu'apparente.

 

 

 

De la même manière, quel objet spatial vous fascine-t-il ?

Je retiens les sondes Pionner 10 et 11 et Voyager 1 et 2 car, après leurs missions scientifiques bien remplies dans le Système solaire, elles représentent les bouteilles à la mer de notre civilisation vers le vaste Univers. Une grande utopie si l'Univers est fini mais beaucoup moins s'il est infini comme certains scientifiques le pensent aujourd'hui. En effet, tout ce qui s'est produit une fois ne pouvant alors que se reproduire... à l'infini, "nous ne serions pas seuls", la vie étant déjà apparue sur Terre (ce dernier point étant le seul constat, à ce niveau, que nous puissions faire aujourd'hui).

 

 
Trajectoire des sondes Pionner 10 et 11 et Voyager 1 et 2

 

 

Quel souvenir gardez-vous de la nuit du 20 au 21 juillet 1969 ?

Le journaliste Albert Ducrocq avait annoncé que, peut-être, l'alunissage serait visible depuis la Terre à cause d'un nuage de poussière possiblement important soulevé par le moteur du module lunaire... Je faisais donc la navette entre ma petite lunette "Pierre Bourge" de 52 mm de diamètre et le poste de télévision. Bien entendu, je n'ai rien vu avec la lunette ! Mais l'espoir était présent et les connaissances sur notre astre de la nuit manquaient cruellement à l'époque ! A partir de cette nuit-là, le futur ne pouvait plus être vu comme avant et les progrès techniques avaient été tellement importants en 10 ans que l'on pouvait imaginer la fin du 20e siècle comme dans les BD de science fiction, avec des bases lunaires habitées en continu, Mars explorée, des robots  humanoïdes dans chaque maison, etc. C'était l'époque de tous les rêves... largement déçus ensuite.

 

 

 

Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?

Que du classique : j'aimerais effectuer une petite randonnée de quelques mois sur la planète Mars... Mais j'ai bien peur qu'il faille attendre 2030 ou 2040 avant qu'un être humain y pose le pied enfin. Et ce ne sera pas moi ! Trop vieux, dira -t-on alors...

 

 

Merci, Dominique Lamiable !

 

Interview réalisée par mail en juin 2009

 

 

 

La semaine prochaine (lundi 6 juillet 2009) : Dave Scott

 

 

 

 

 

 

Les coordonnées des invités ne sont communiquées en aucun cas