L'invité de la semaine
dernière : Pierre Comte
LES
INVITEES DU COSMOPIF
N°233
(lundi 20 avril 2009)

Qui êtes-vous, Guillemette Gauquelin-Koch ?
Je suis responsable des Sciences de la Vie au
Centre National d’Etudes Spatiales. J’habite dans une maison en banlieue
parisienne à côté du bois de Vincennes au milieu de la verdure. Je suis née le
6 août 1956 à Paris. De par l’activité de mon père, j’ai habité plusieurs
régions de France.
Je suis mariée à Michel, un ingénieur plein de
talent et de gentillesse, passionné de différentes cultures, ce qui nous permet
de nous faire de nombreux amis aux quatre coins de la planète.
J’ai une fille qui, comme ses parents, est toujours
prête à faire ses valises pour découvrir de nouveaux horizons.
Je consacre mes temps libres à la lecture et bien
sûr aux voyages.
Je
suis arrivée au laboratoire de Physiologie de l’Environnement dirigé par le
Professeur Claude Gharib en juillet 1979 pour un stage d'un mois pour un CES de
physiologie humaine. J’en suis repartie… en 1995 ! Pendant cette période,
j’ai fait un DEA de Pharmacie cardiovasculaire et rénale, une thèse de
Troisième cycle en Pharmacie et une thèse d’état en Sciences et une
Habilitation à Diriger les Recherches. J’ai obtenu un poste d’enseignante à la
Faculté des Sciences et encadré de très nombreux étudiants. J’ai donc pu
m’occuper, dès le premier vol de Jean-Loup Chrétien
en 1982, du programme spatial proposé par le laboratoire dans le domaine
cardio-vasculaire et être co-responsable scientifique des expériences du
laboratoire pour tous les vols suivants avec un de nos cosmonautes français à
bord. J’ai participé à de nombreuses expériences embarquées dans les Biocosmos
russes J’ai également été responsable de différentes expériences de confinement
menées en Russie et des expériences de décubitus organisées par le CNES depuis
1982.
Au
cours de ma carrière de chercheur, j’ai fait de nombreux séjours à l’étranger
(Canada, URSS, Russie, Belgique, Hollande) pour faire de la recherche
fondamentale et appliquée. 200 articles internationaux, de nombreuses
communications à congrès m’ont permis d’exposer mes recherches. Plusieurs prix
m’ont été décernés.
En
1995, j’ai été détachée au CNES en temps que responsable des expériences en physiologie
humaine en remplacement de Claudie Haigneré,
partie s’entraîner à la Cité des étoiles pour le vol Cassiopée.
J’ai
toujours été curieuse de tout. Petite, je posais toute sorte de questions sur
le fonctionnement de tout ce qui m’entourait. J’ai été très impressionnée par
la première opération à cœur ouvert faite en France qui a été relatée dans de
nombreux journaux scientifiques d’époque. Je pense que ma passion pour la
recherche médicale date de cette époque. Mes parents me disaient souvent que
mes phrases commençaient toujours par pourquoi ? ou comment ?

Paris Match
du 16 décembre 1967
Mes
recherches spatiales n’ont été que le fait d’heureuses circonstances et
notamment de la rencontre avec le professeur Gharib et de mon entrée dans son
laboratoire. Sa personnalité, son savoir, son soutien ont joué une influence déterminante dans ma carrière. Je
crois que la recherche spatiale nous permet de ne jamais vivre au présent. Nous
nous projetons sur une dizaine d’années plus tard ; nous n’avons pas
l’impression de vieillir ! Découvrir l’immensité de ce qui nous entoure
est un pur bonheur chaque jour.
Ma carrière
dans le domaine spatial s’est jouée avec une pièce de 1 franc. Lors de ma
demande de stage dans le laboratoire, il n’y avait qu’une place et nous étions
deux. Le Professeur Gharib a tiré à pile ou face avec une pièce de 1 franc
et j’ai gagné ! C’est la seule fois où j’ai gagné à un "jeu"…
Je
retiens la photo du lever de Terre depuis la Lune prise par Apollo 8 en
décembre 1968. Il nous permet de voir la relativité de la situation entre la
Terre et la Lune et donc de mieux situer les différentes planètes. Pour la
première fois, on pouvait voir la Terre depuis la Lune.

Lors
d’une visite à la Cité des étoiles, j’ai pu visiter avec mon mari et ma fille
la réplique de la station Mir. La fascination de ma fille pour cette
"vieille dame" restera gravée dans nos cerveaux.

Maquette d'entraînement de la station Mir à la Cité des
étoiles, près de Moscou
Photo Pif
Comme
la plupart des Français, nous étions en famille devant la télévision, se
demandant si, lors de l’alunissage, la capsule n’allait pas s’enfoncer dans le
sol… J’ai alors pu réaliser qu’une autre planète existait ! Mon grand-père
maternel, fasciné par les étoiles, avait toujours rêvé de voir cet exploit.
Malheureusement, il est décédé trop tôt mais toute la famille a eu une pensée
pour lui à cet instant.
J'attends
le débarquement de l’homme sur la planète Mars…
Merci, Guillemette Gauquelin-Koch !
Interview
réalisée par mail en avril 2009
La semaine
prochaine (lundi 27 avril 2009) : Bruno Dupré