LES
INVITES DU COSMOPIF
N°184
(lundi 17 mars 2008)
www.flashespace.com

Qui êtes-vous, Rémy Decourt ?
Je suis né à Lyon le 1er novembre 1969. Mon parcours
professionnel m’a amené à m’installer dans plusieurs villes de France, de
Villard de Lans en 1986 à Lyon depuis 2001, en passant par Toulouse, Lyon,
Quimper et Paris. J’ai même effectué mon service militaire en Polynésie, à
Mururoa de 1991 à 1993.
Aujourd’hui, je travaille pour un cabinet de consultants américains. Il
s’agit d’une sorte de Think tank qui vise à penser et
prévoir ce que saura le monde en 2100, 2150, 2200… Je m’occupe de prospective
spatiale au sein d’une équipe d’une vingtaine de personnes aux professions et
nationalités différentes. C’est très enrichissant.
Je suis également pigiste et collabore à la rédaction de sujets
d’actualités pour des sites web comme Techno-Science.net
ou Obsat. Depuis 2000, j'anime
quotidiennement mon propre site, Flashespace.
Flashespace est un site
d’information qui n’a pas d’autre but que de tenir informer les internautes
francophones de l’actualité spatiale. Son contenu n’est pas exhaustif. J’ai la
faiblesse de croire que le regard que je porte sur ce monde a trouvé son
public, un public d’amateurs éclairés, d’étudiants mais également d’employés et
de cadres de société du secteur spatial. Mon regard sur l’actualité diffère de
celle des journalistes "professionnels". J’ai pris le parti de mettre
de côté l’aspect économique, m’imposant volontairement le choix de privilégier
l'aspect purement scientifique et technique. Je laisse le soin à des
journalistes comme Christian
Lardier d’Air & Cosmos
et Peter B. de Selding d'Aviation
Week and Space Technology d’aborder l’aspect économique au travers
d’articles d’actualités plus précis et d’articles de fonds plus fouillés sur
lesquels seraient bien inspirés de s’appuyer certains journalistes de la presse
généraliste.
J'en profite pour remercier ici
Anne-Marie Remondin de l'ESA, qui m'a apporté une aide précieuse durant de
nombreuses années.
Rien
ne me destinait à vivre de ma passion : je suis ce que l'on appelle un
autodidacte, du moins dans le domaine de l'espace.
Après un bac C et des
études en informatique, j’ai effectué mon service militaire en Polynésie, à
Mururoa, un des Centres d'Expérimentation Nucléaire. J'ai alors profité du
financement par l'armée de formations diplômantes (astronomie,
astrophysique : formation de base et astrophysique :
approfondissement) via le CNED pour me former dans l'astronomie, un domaine qui
m'a toujours intéressé.
Aujourd’hui,
mon expérience de journaliste scientifique vulgarisateur dans le domaine
spatial m'a permis d'accumuler une connaissance de ce milieu que je n'ai jamais
cessé d'approfondir. Cela me permet d'évoluer dans ce milieu avec aisance, bien
que je ne possède pas de formation spécifique.
L’observation du ciel nocturne et des objets qui peuplent la Voie Lactée
m’a toujours fascinée et je n’ai jamais cessé
de m’instruire de façon à mieux comprendre ce que j’observais. Par la suite, je
me suis intéressé à l’activité des différentes agences spatiales,
essentiellement les programmes scientifiques et les vols habités.

En 1996-1997, dans le cadre de la préparation à un diplôme d'astronomie/astrophysique
(formation de base), je devais rendre
une sorte de TPE censé résumer ce que j’avais appris tout au long de cette
formation. J’ai donc décidé de créer un site web d’informations spatiales. Ce
travail n’a pas du tout plu à mes profs et jugé hors sujet. Mais je trouvais ce
projet passionnant, j’ai continué à le faire vivre en dehors de ce cadre et je
me suis fais remarquer par deux des fondateurs de Geoman.net, le premier
magazine des sciences spatiales en ligne, aujourd’hui disparu. C’était en 1998.
J’ai été embauché un an plus tard. Tout ce que je fais aujourd’hui, je le dois
en grande partie à Geoman.
Je choisis cette image de nébuleuse. Tout simplement
parce que c’est beau.

La
nébuleuse de la Rosette (NGC2237) dans la constellation de la Licorne,
observée
depuis le télescope de Kitt Peak (Arizona)
Image T. A. Rector/University of Alaska Anchorage,
WIYN and NOAO/AURA/NSF
Il y a aussi une
performance technique que j'apprécie tout particulièrement : il s'agit du
court intervalle de 7 secondes qui sépare l'ordre d'allumage du moteur
cryogénique des fusées Ariane 5 et la mise à feu des EAP, les
deux gros boosters qui entourent la fusée de part et d'autre. Ces
7 petites secondes sont mises à profit par les calculateurs du lanceur pour
vérifier l'intégrité des systèmes les plus sensibles de sorte que bien que le
moteur tourne, il est toujours possible d'arrêter la procédure de décollage
sans que la fusée et sa charge utile soient endommagées.
Je
possède une reproduction fidèle du sable qui recouvre la surface de Mars. Il a
été fabriqué par la NASA à partir de données renvoyées sur Terre par ses
différentes missions. Ses caractéristiques de couleurs et ses propriétés sont,
selon la NASA, identiques à ce que rencontrent ses rovers. Le fait de savoir
que ce matériau ainsi fait n’existe pas sur Terre mais se trouve sur Mars
m’évade….

Spoutnik et Gagarine ont fasciné une génération entière de passionné de l’exploration spatiale. Pour les personnes qui comme moi sont nées après ces évènements, il est très dur de prendre conscience du retentissement qu’ils ont eu à l’époque. Mais ce qui est sur, c’est que ces deux exploits ont montré le chemin à suivre qu’a très bien résumé le CNES : de l’espace pour la Terre.

Nuages
au-dessus de l'Océan indien vus de l'espace
Merci, Rémy Decourt !
Interview
réalisée par mail en janvier 2008
La semaine
prochaine : Sébastien Vauclair (lundi 24 mars 2008)