L'invité de la semaine
dernière : Al
Worden
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°264
(lundi 11 janvier 2010)

Qui êtes-vous, Laurent Costy ?
Je suis
actuellement Délégué régional Bourgogne-Franche Comté pour la Fédération
française des MJC et réside désormais à
Dijon avec mon épouse et mes deux enfants après avoir passé une dizaine
d'années sur Paris.
En dehors de ma passion pour
l'espace que je vais décrire ensuite, je suis passionné par l'informatique
libre et milite par ailleurs à l'April
(Association pour la défense et la promotion des logiciels libres). Je
m'intéresse, dans ce cadre, à l'informatique libre pour les associations.
J'ai travaillé à l'association Planète Sciences pendant une
dizaine d'années (de 1997 à 2007) durant lesquelles j'ai contribué pour la
moitié du temps aux activités du secteur Espace ; tout d'abord en tant que
objecteur de conscience chargé de mission sur l'opération "Un Ballon pour
l'école" puis en tant que responsable du secteur Espace (succédant à
l'époque à notre ami Pif).

Photo de famille des responsables des
clubs Espace du CNES et de Planète Sciences
à l'occasion des 40 ans de
l'association au Cabaret sauvage à Paris en novembre 2002.
Laurent Costy (en jean clair) et Pif
(baskets rouges) sont côté à côte
tandis que Marcel Lebaron
se trouve sur l'extrême gauche.
Très jeune, je me suis passionné
pour tout ce qui volait. Je me suis d'abord principalement tourné vers
l'aéronautique (j'ai même eu un poster de Top Gun dans ma chambre,
désolé) puis, j'ai commencé à me découvrir un intérêt pour l'espace après avoir
passé mon agrément microfusées avec l'association d'éducation populaire Les
Francas dans le cadre d'un BAFA (Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur).
Je pense finalement que les avions n'allaient pas assez vite pour moi et que
les fusées correspondaient mieux à mon besoin de vitesse...

L'espace, de mon point de vue, est
un support unique d'apprentissage par sa capacité à faire rêver. Même si je me
suis quelque peu éloigné récemment professionnellement de cette thématique qui
m'est chère, j'ai eu la chance de participer, en 2008 et 2009, aux deux
premières éditions de l'opération "L'Espace au Fil du Fleuve" qui est
une opération mise en place par le Centre spatial guyanais avec le soutien de Planète Sciences. Ces
deux mois passés en Guyane à animer des ateliers sur le thème de l'espace
auprès d'enfants ayant peu l'habitude de ces interventions, dans des
territoires encore très isolés, resteront pour moi un moment extrêmement riche
et un temps extraordinaire pour vivre et faire partager ma passion. J'espère
que les enfants que nous avons croisés au fil de l'avancée de la pirogue en
garderont eux aussi un souvenir unique. Vous pouvez avoir un aperçu de cette
opération ici
car un blog était tenu à jour régulièrement et des photos en retracent
l'épopée.
C'est une
conquête spatiale tout à fait modeste puisqu'il s'agit du premier décollage
d'une microfusée auquel assistait une petite de fille de 4 ans qui était à
la colonie dans laquelle j'étais animateur. Après le décompte et le décollage,
elle a demandé : "Pourquoi quand on arrête de compter la fusée elle
monte ?"...
Les photos que
je préfère sont celles réalisées en périphérie terrestre par des ballons
expérimentaux dans le cadre de l'opération "Un Ballon pour l'école".
Je trouve extraordinaire que des jeunes élèves de CM2 puissent "toucher du doigt" l'espace proche
par la réalisation et la mise en œuvre d'outils simples. J'imagine la joie et
la fierté de ces jeunes lorsqu'ils parviennent à récupérer leur nacelle et
qu'ils peuvent les montrer tout en disant qu'ils sont parvenus, ensemble, à
réaliser une expérience qui a permis cela !

Image prise
par un appareil photo jetable depuis un nacelle lâchée par une classe d’école
primaire
Je suis très attiré par les fusées
"rustiques". En la matière, la fusée du Cosmoschtroumph me semble
être un modèle difficilement détrônable... D'une manière générale, au delà des
fusées "réelles" fabriquées par les hommes, j'aime beaucoup découvrir
les vaisseaux nés de l'imaginaire de dessinateurs de BD qui, parfois, dessinent
en s'inspirant des fusées actuelles pour conserver une atmosphère
d'anticipation ou s'enflamment pour se laisser guider par leur seule
inspiration et donner ainsi des vaisseaux semblables, par exemple, aux premiers
bateaux ayant traversé l'Atlantique ou à ceux de La Guerre des étoiles....

Maquette de la fusée du Cosmoschtroumpf et diorama réalisé par Martine Thonus
Je n'étais pas
né à cette date. Cependant, j'ai eu la chance de pouvoir assister à plusieurs
reprises à des lancements d'Ariane à la Direction des lanceurs du CNES à Evry.
Même si la comparaison avec l'événement mondial de 1969 doit rester modeste et
qu'il manque toute la dimension des vols habités, assister à de tels événements
permet quand même d'appréhender l'émotion, l'aventure humaine et la passion qui
caractérisent ces grands projets. J'espère que le CNES rend toujours possible
l'accès par des jeunes pour assister à des lancements !
J'aimerais atteindre avec des
engins spatiaux des vitesses proches de la lumière et m'éloigner de la Terre
pour y revenir 50 ans "local" plus tard. C'est pour moi une
forme de voyage dans le futur que j'aurais aimé pouvoir expérimenter.
J'ai pu prendre conscience et
mesurer ce que cela pouvait représenter grâce à la lecture du roman La
guerre éternelle de Joe Haldeman (Prix Hugo et Nebula), que je vous
recommande chaudement de lire. Malgré un titre peu alléchant, le roman est
passionnant et les théories physiques avancées ont le mérite d'ouvrir des
perspectives auxquelles on ne pense pas vraiment tous les jours.
Actuellement, ma Kangoo ne me
permet hélas pas de quitter l'atmospĥère, c'est un peu dommage.

Merci, Laurent Costy !
Interview
réalisée par mail en novembre 2009
La semaine
prochaine (lundi 18 janvier 2010) : Etienne Daumas
