L'invité de la semaine
dernière : Satoshi Furukawa
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°232
(lundi 13 avril 2009)


Qui êtes-vous, Pierre Comte ?
Je
suis un plasticien multimédia, passionné par l’activité spatiale mais aussi par
l’image en général, l’égyptologie et les voyages lointains. Né à Grenoble et
marié, j’habite et je travaille à Paris. Ma femme est également ma principale
collaboratrice dans mes recherches. Notre passe-temps : expositions et
conférences de toute nature.
Dans
les années 50, j’ai d’abord été graphiste, président du groupe "Action
Graphique". Je suis ensuite devenu cinéaste (films expérimentaux) et
spécialiste d’effets lumineux pour de grands spectacles (Opéra de Paris,
théâtre Mogador, Europe 1, etc.). Je suis alors passé à l’Art Cinétique et
au Land Art avant d’imaginer le Space Art en 1979.


Quelques
réalisations de Pierre Comte :
le Mur des
vents (rue Dussoubs dans le 2e arrondissement de
Paris),
Signature
Terre vue depuis le satellite Spot en 1989
et œuvres
cinétiques embarquées à bord d'avions paraboliques (ici avec Philippe Perrin)
ou lors de
missions spatiales (ici avec Michel Tognini).
J’ai
été très frappé par la présence dans le ciel de Spoutnik 1 en 1957 et par le
déroulement des missions Apollo. A partir de 1979, toutes mes recherches ont
été consacrées à faire passer le concept Art dans l’activité spatiale.
Je
me souviens de la nuit fabuleuse passée à suivre à la télévision les images
d’Apollo 11 transmises depuis la Lune avec Neil Armstrong et Buzz Aldrin
foulant le sol lunaire (les rêves de Jules Verne et d’Hergé réalisés !).

Moon Suite d'Andy Warhol
Je choisis la vue de la planète bleue depuis la Lune parce qu’elle nous situe bien dans le cosmos. Selon les dernières hypothèses astronomiques, la Terre pourrait être une planète exceptionnelle, en tout cas un lieu rarissime pour abriter la vie. Cette image prend alors un sens philosophique puissant.

Je
retiens l’image du satellite ARSAT 01 que j’ai imaginé. S’il avait trouvé son
financement, cet objet spatial était parfaitement opérationnel dés 1986. Il
aurait été à la fois la première voile solaire sur orbite et un symbole du lien
heureux entre l’artiste et la science spatiale.

Le
commencement de l’ère spatiale de l’humanité.
La démonstration que l’homme pouvait accéder au domaine
cosmique au même titre que le robot.
Que représente pour vous la station Mir ?
L’une
des toutes premières résidences secondaires de l’humanité dans le cosmos.
Quel serait votre rêve spatial le
plus fou ?
J'aimerais
qu’après avoir ouvert la voie à un type d’art réalisable uniquement dans
l’espace, les "zéro G Art", on puisse voir se déployer mes structures
spatiales gonflables "Biospace", aux points de Lagrange par exemple,
l’une des sphères étant évidemment réservée à un atelier d’artiste…

Projet
Biospace de 1999 : le spatioport "Leonardo da Vinci"
Merci, Pierre Comte !
Interview
réalisée par mail en janvier 2009
La semaine
prochaine (lundi 20 avril 2009) : Guillemette Gauquelin-Koch