L'invité de la semaine
dernière : Vance Brand
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°290
(lundi 20 septembre 2010)

Guillaume Bonello et l'instrument VIRTIS
Collection personnelle
Qui êtes-vous, Guillaume Bonello ?
Aujourd’hui j’ai 37 ans, je vis à Marseille
avec ma femme et mes 2 enfants (4 ans et 8 mois) depuis
5 ans et je pratique intensivement le bricolage voire plus dans la demeure
familiale…
Je travaille actuellement pour le pôle de
compétitivité OPTITEC qui vise à favoriser et accompagner des projets de
recherche et développement collaboratifs entre des laboratoires publics de
recherche et des entreprises dans le domaine de l’optique et de la photonique.
Précédemment, j’ai travaillé 10 ans dans la recherche spatiale en France
et en Italie. Dans le cadre de ma thèse et de séjours post-doctoraux, j’ai
développé un dispositif d’étalonnage au sol au sein de l’Institut
d’Astrophysique Spatiale à Orsay qui ont servi pour les instruments VIRTIS sur
ROSETTA, OMEGA sur MARS-EXPRESS ainsi que qu’un second modèle de VIRTIS sur
VENUS-EXPRESS. Ce sont des instruments de spectro-imagerie dans le visible et
l’infra-rouge. C'est-à-dire qu’ils permettent de réaliser des images pour
lesquelles nous observons le spectre de 0,4 à 5 µm de chaque pixel. Dans
le cadre de ces instruments, c’est l’étude de l’atmosphère et plus
particulièrement de la géologie des sols qui était visée. J’ai également
travaillé sur des mesures de simulation en laboratoire pour aider à l’analyse
des données de OMEGA sur Mars. Il a pu ainsi être précisé la composition des
premiers minéraux de sulfates découverts à la surface de Mars. Depuis,
l’instrument OMEGA a permis une cartographie à grande échelle de la minéralogie
de surface de la planète et a ainsi pu révéler des informations jusque là
inédites préparant la voie aux futures missions martiennes.

De gauche à droite, les instruments OMEGA et VIRTIS
Je
me suis passionné pour l’astronomie au lycée en lisant quelques ouvrages et la
revue Ciel & Espace. C’est à ce moment que j’ai réalisé l’immensité
de l’Univers et la richesse et la complexité des objets qui le composaient.
Jusque là, mon horizon s’arrêtait au ciel bleu... Je me souviens avoir pris
conscience des distances dans l’Univers et ca a été un choc pour moi d’être
resté si longtemps dans cette ignorance (c’est sans doute pour ça que, plus
tard, j’ai voulu tout de suite transmettre aux autres les connaissances que je
découvrais). J’ai voulu en savoir plus à la fois d’un point de vue théorique
(ce qui m’a conduit à faire des études et une thèse en astrophysique) mais
également du point de vue pratique (ce qui m’a conduit à pratiquer le plus
possible l’astronomie amateur). Aujourd’hui, je dois bien avouer que je ne
pratique plus beaucoup l’astronomie en tant que passion. Mais dès que mes
enfants seront en âge, je replongerai volontiers dans l’immensité de
l’Univers !!!
J’ai pratiqué l’astronomie en amateur et en
animation scientifique pendant presque 15 ans, d’abord tout seul dans le
jardin de mes parents à Nîmes, ensuite au sein de l’observatoire astronomique
d’Aniane pendant que j’étais à la fac à Montpellier (1990-1995) et encore
ensuite en région parisienne au sein de l'Association Nationale Sciences
Techniques Jeunesse qui est devenue Planète
Sciences. Au sein de cette dernière, je me suis beaucoup investi dans le
secteur Astronomie puis dans le Conseil d'administration dont j’ai été le
trésorier quelques années au début des années 2000.
Lors
d’un congrès scientifique à Houston en 2000, j’ai visité la piscine
d’entraînement des astronautes qui étaient en plein exercice pour l’assemblage
de modules de la station spatiale internationale. C’est le moment où j’ai pu le
mieux imaginer les conditions de vie dans l’espace. A la même période, je me
souviens avoir regardé en boucle la NASA TV qui diffusait des images prises
depuis l’ISS où on voyait la Terre défiler dans un silence saisissant.

La NBL du centre Houston de
la NASA au Texas
Je
n’ai pas de copie mais ce serait une photo que j’ai faite avec une chambre de
Schmidt de 400 mm sur un plan film circulaire Kodak TP2415
hypersensibilisé de la galaxie d’Andromède. Ce télescope de Schmidt était une
réalisation artisanale de très bonne facture installé dans les années 90 à
l’observatoire d’Aniane et qui m’a permis de réaliser une photo que je n’aurai
sans doute plus jamais l’occasion de faire suite à la révolution numérique.

La galaxie d'Andromède (ou M31)
Ce
n’est pas un objet mais plutôt la mission Apollo17 et les trois jours
passés sur la Lune par Harrison Schmitt, le seul géologue du programme Apollo,
pour la mission spatiale la plus importante à mon sens réalisée par un
scientifique dans la conquête spatiale.

Le géologue Harrison Schmitt sur la Lune en décembre 1972
Un
rêve que j’espère pouvoir réaliser est de pouvoir vivre assez longtemps pour
faire un vol suborbital à un tarif abordable. J’ai bon espoir.
Un
autre rêve serait de vivre le moment du premier homme sur Mars, c’est moins
évident…
Merci, Guillaume Bonello!
Interview
réalisée par mail en juin 2010
La semaine
prochaine (lundi 27 septembre 2010) : Roger Vignelles
