L'invité de la semaine
dernière : Antonio Güell
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°311
(lundi 7 février 2011)
Guide et responsable du planétarium du musée de l'Air et de l'Espace

Qui êtes-vous, Mathieu
Beylard ?
Je suis guide et responsable du
planétarium au musée de l’Air et de l’Espace de Paris-Le Bourget. Célibataire,
je vis en région parisienne mais suis Toulousain de cœur. Je suis donc
forcément passionné par tout ce qui vole dans l’air et va dans l’espace mais
aussi par le rugby. La Terre est ronde mais mon cœur est ovale.
Quel a été
votre parcours professionnel ?
J’ai un DEA (Mastère II)
d’astrophysique de l’université Paul Sabatier de Toulouse et DESS (Mastère II)
de journalisme scientifique de l’université de Montpellier. J’ai travaillé en
tant qu’animateur vacataire au planétarium de la Cité de l’Espace de Toulouse
puis comme journaliste pour l’hebdomadaire Air & Cosmos avant
d’arriver au musée de l’Air et de l’Espace en tant que responsable du
planétarium.
Quelle est
votre passion, comment est-elle née, comment la vivez-vous ?
Je suis passionné avant tout par
l’aviation et l’astronomie. L’aviation depuis tout petit, mon père étant dans
le milieu, l’astronomie un peu par mon grand-père qui me racontait les étoiles
et beaucoup par ma fascination pour tout ce qui est là-haut. La conquête
spatiale est venue par la suite. J’ai la chance de vivre de ces passions
puisque mon travail au musée m’amène à parler d’astronomie, d’astronautique et
d’aviation.
Quelle anecdote personnelle ou souvenir fort lié à la
conquête spatiale souhaiteriez-vous nous faire partager ?
Je n’ai
assisté qu’à deux lancements de fusée Ariane : le tout premier en
1996 en direct à la télévision qui fut un échec et le dernier en date
(lancement Koreasat 6 et Hispasat 1E) depuis le centre du CNES à Evry qui a du
être reporté le jour où j’y ai assisté (elle est néanmoins partie le lendemain).
J’espère pouvoir assister au prochain lancement de l’ATV-2 et vérifier ainsi si
je suis un chat noir au niveau du lancement des fusées…
Quelle
serait votre photo spatiale ou astronomique préférée et pourquoi ?
Un amateur avait un jour pris une
photo d’une comète "entre" deux poteaux de rugby. Une
transformation à plusieurs millions de kilomètres ! Pour moi, c’est
deux passions sur la même photo et le lien entre deux mondes, celui
des humains et celui de l’astronomie. J’adore d’ailleurs les photos représentant
un phénomène astronomique et un paysage ou monument terrestre.

Photo de
Jean Chapelle, membre de l’association des Astronomes Amateurs d’Auvergne à
Aubière,
parue dans Midol
Mag n°30 (ctobre 1997)
De la même
manière, quel objet spatial vous fascine-t-il ?
La Terre, bien sûr, est le
vaisseau spatial le plus fantastique qui soit. Pour ce qui est d’artificiel, je
dirais les combinaisons de sorties extravéhiculaires. Il y a une part de rêve
en chacun d’entre elles, puisqu’elles permettent un voyage dans un milieu si
dangereux, ce sont des mini-Terres en somme. La protection semble si fine, si
fragile, à l’image d’ailleurs de notre atmosphère qui nous protège sur notre
vaisseau commun à tous. Il faut prendre les mêmes précautions avec la Terre que
les astronautes prennent avec leurs combinaisons. Je ressortirais juste le MMU,
pour les quelques minutes de plénitude qu’à du ressentir Bruce McCandless,
seul sur orbite autour de la Terre.

Qu’évoque
pour vous le vol de Gagarine ?
Cela m’évoque une étape
fondamentale dans la conquête spatiale mais aussi une étape qui s’oublie de
plus en plus et qui montre les effets de la médiatisation. Les enfants que j’ai
en visite citent plus souvent Neil Armstrong comme premier homme dans l’espace.
Les Américains sur la Lune sont un vrai bulldozer médiatique à côté de ce qu’à
fait Gagarine. Et c’est bien dommage d’oublier que sa révolution l’a été à tous
les sens du terme.
Quel
souvenir gardez-vous de la nuit du 20 au 21 juillet 1969 ?
Un mauvais souvenir :
j’aurais tellement aimé être là pour voir cet évènement en direct qui reste
selon moi une des plus grandes réalisations de toute l’histoire de l’humanité.
Mais malheureusement, je n’étais pas encore né.
Quel
serait votre rêve spatial le plus fou ?
Je rêve d'un voyage dans le
système solaire, entre une ballade dans Valles Marineris, un vol dans les
nuages de Jupiter et un jeu de saute-mouton sur les anneaux de Saturne. C’est
où que l’on réserve les billets ?

Merci, Mathieu Beylard !
Interview
réalisée par mail en janvier 2011
La semaine
prochaine (lundi 14 février 2011) : Romain Charles, Diego
Urbina et Wang Yue
