L'invité de la semaine
dernière : Paul Cultrera
LES
INVITES DU COSMOPIF
N°219
(lundi 12 janvier 2009)

Photo Guy Pignolet de
Sainte Rose
Qui êtes-vous, Gérard Auvray ?
Je suis ingénieur R&D dans les
télécommunications et voue une passion dévorante pour la radio. Je pratique la
radio amateur depuis bientôt 40 ans et suis constructeur de satellites
amateurs depuis plus de 25 ans.
J’habite dans la région parisienne
mais j’ai un petit côté baroudeur. J'ai notamment participé dans ma jeunesse à
la deuxième course autour du monde à la voile et compte une dizaine de rallyes
automobiles à mon actif : Paris-Dakar, raid Gauloises, rallye de Tunisie,
Paris-Moscou-Pékin… Je suis toujours prêt à partir dans des projets non
ordinaires. Le dernier en date est le support pour le Grand Saut de Michel Fournier
(depuis 40 km d'altitude). On se prépare actuellement pour une nouvelle
tentative au Canada en mai 2009.
Ingénieur en R&D dans les
télécommunications depuis le début de ma carrière professionnelle en 1979, j’ai
participé à l’étude et la mise en place de systèmes de téléphonie mobile
analogiques et numériques.
J'ai découvert l'activité radio
amateur à l’âge de 18 ans, un peu par hasard. A l'époque, je faisais du
modélisme avion et je voulais construire des avions radiocommandés.
Malheureusement, dans les années 70, une radiocommande coûtait très cher et le
moyen qui paraissait le plus économique (mais, au final, cela ne l'était pas
tant que cela) était de réaliser sa radio soi-même. J’ai été voir le radio-club
local, suis devenu radio amateur et n’ai construit ma première radio-commande
moi-même que bien des années plus tard.
Très rapidement, je me suis
intéressé aux satellites et, en 1993, le satellite amateur ARSENE décollait
depuis Kourou à bord d’une Ariane 4-L. J’avais coordonné la conception de la
charge utile et réalisé un certain nombres de modules. Ensuite, j’ai réalisé
les 3 mini-Spoutnik qui ont été lancés à la main depuis la station Mir en
1997, 1998 et 1999. Maintenant, j’essaye de motiver des étudiants pour réaliser
l'une des premières vraies voiles solaires. Malheureusement, le système
éducatif français n’est pas vraiment conçu pour réaliser ce genre de projet
mais j’ai de l’espoir. En parallèle de tout cela , je participe également comme
bénévole au projet PERSEUS de lanceur étudiant du CNES.

Le
satellite radio amateur ARSENE
J’ai plein de souvenirs inoubliables. Le premier,
c’est celui d’enfiler une combinaison et de rentrer dans la salle blanche
d’intégration des satellites à Kourou pour la préparation finale du satellite
ARSENE. Ensuite, ce sont les premières réceptions des signaux des différents
satellites amateurs mis sur orbite. C’est toujours un moment un peu angoissant
car c’est comme un être vivant qui naît…
La plus jolie photo serait celle
qui montre notre Galaxie en forme de spirale, avec ses milliers d’étoile et
nous, si petits là-dedans…

Vue d'artiste
de notre Galaxie, la Voie lactée
L’objet spatial devant lequel je
reste toujours le plus admiratif est l’énorme fusée lunaire Saturn 5,
surtout quand on essaye de se représenter les tonnes de carburant qui sont
consommées chaque seconde…

Départ de
la mission Apollo 11, le 16 juillet 1969
Sous le
lanceur, une flamme longue d'un demi-kilomètre.
Chacun des
5 moteurs F1 du premier étage consommait 2,7 tonnes d'ergols à la
seconde.
Spoutnik 1 représente évidemment
le début de l’ère spatiale mais, curieusement, je n’ai pas spécialement
d’admiration aveugle pour ce satellite. J’avais 4 ans à l’époque et n’ai
pas de souvenir de ce moment-là. En revanche, l'aventure de la réplique
Spoutnik-40 ans et de ses deux successeur constitue une sacrée belle
tranche de vie…
Gagarine, c’est ma première
découverte de l’espace. Le lendemain de l’annonce de son vol, mon père nous a
emmené dans le jardin à la tombée de la nuit. Nous avons aperçu un intrigant
point lumineux qui s’est déplacé d’un bout à l’autre du ciel. Longtemps, j’ai
cru qu'il s'agissait de la capsule de Gagarine mais, en fait, il était déjà rentré…
Je n’ai jamais éludé ce mystère mais c’était probablement un reste du lanceur.
Il n’y a pas beaucoup de personnes
qui peuvent dire qu’ils ont réussi à faire monter à bord trois de leurs
réalisations !
J'aimerais réussir à faire voler
une vraie voile solaire.

Merci, Gérard Auvray !
Interview réalisée par mail en décembre 2008
La semaine
prochaine (lundi 19 janvier 2009) : Iara Dos Santos